Humberto Pernett, grand fou du Carnaval de Barranquilla.

Pernett - Photo by Johanna Guevara

En France on aime Onda Tropica, Quantic, Bomba Stereo… Mais la fusion de l’ancien et du moderne, c’est lui qui l’a lancée au grand public. Humberto Pernett c’est l’enfant espiègle de la musique colombienne. Depuis 2003 il compose et produit des mélodies traditionnelles avec des synthétiseurs, le tout mêlé a du reggae, de l’électro, et d’autres sons modernes. Zero tabous pour ce magicien qui a préféré la véritable création plutôt que de tomber dans la récupération commerciale de la Cumbia. Résultat : il a tourné dans le monde entier et enregistré 6 albums jusqu’à devenir le père de la musique fusion colombienne . Notre reporter Omar l’a rencontré lors de sa déambulation fêtarde au Carnaval de Barranquilla. Témoignage.

Quiconque est allé au Carnaval de Barranquilla, peut attester que l’on y perd son âme à force de danser avec les rythme affro de la Colombie. La journée, ce sont les défilés traditionnels avec costumes, batailles de mousse, et chars, qui sont à l’honneur, la nuit, la ville se transforme en un festival de concerts éparpillés partout dans les rues. C’est dans cet entre-deux, à 20h, entre chien et loup, que je suis allé voir Humberto qui se reposait sur sa terrasse en compagnie de sa copine. En bon carnavalero, il avait défilé sur un char et décoré sa maison de têtes de morts énormes : le courant est passé tout de suite. Nous avons bien rigolé en parlant de musique, de tout et de rien, avant que je parte continuer faire la fête, avec la promesse de nous revoir dans un cadre plus sérieux pour faire une vraie interview.

Nous nous sommes revus à Bogotá la veille de son concert pour un entretien d’une vingtaine de minutes. Malheureusement mon enregistreur n’a pas résisté à mes périples caribéens de plages, sable, et désert à 40 degrés, et l’enregistrement s’est dégradé. Je ne peux que vous offrir la traduction de la manière dont il se présente sur son site internet, et qui résume très bien les propos d’un musicien de cette taille :

« Je suis une personne qui appartient au milieu alternatif, ma musique est une alternative à ce qu’on entend à la radio, un échappatoire aux choses classiques, ordinaires. Ma musique est une contre-culture mais elle est accessible à tous car ses racines sont populaires »

Chose marrante en Colombie, quand vous allez à une soirée alternative, que ce soit sur la chaleureuse côte, ou dans la fraîcheur des villes des montagnes, vous aurez droit au hit Optimo Positivo, premier tube de Pernett, et qui est un véritable voyage électro-reggae dont le refrain est chanté par tous les jeunes colombiens. À écouter sans modération dans le lien ci-dessous.

Vous pourrez avoir accès à toute la discographie de la bête sur son site internet. Notamment son dernier album Siembra solo amor, qui mêle une house latino  composée de vieux synthés, gaitas, marimbas, maracas, et autres percussions colombiennes.

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INGRID OBLED dans PANAMA !

Ingrid Obled

Troisième retenue de cet appel à projet (et nous en sommes fiers !), Ingrid Obled pose ses valise dans PANAMA, et son univers avec. Loin de la musique d’ambiance, du remplissage sonore ou d’une supercherie faite de frivolités,  Ingrid envoûte et invite, son public se fige, hypnotisé, capturé, découvrant un instrument traditionnel finlandais, joué de main de maître, et sublimé par l’utilisation de réverbérations et de boucles lui accordant un écho sans précédent. Un instant en suspens, une ponctuation salvatrice dans notre imaginaire, dont on ressort à voix basse.

« Un univers à part avec sa vièle à archet finlandaise (nyckelharpa), sa contrebasse et son looper. Un voyage, une traversée de carrures rythmiques différentes se superposant, où les repères de temporalité sont effacés. Ainsi s’ouvrent des espaces intérieurs. Une expérience envoûtante, hors du  temps… »

https://www.facebook.com/ingridobled/

 

Oddur est si doux

Avec Four sequencies, El Odderiño guitariste virtuose islandais offre un EP d’une douceur sans pareil.

L’Islande nous réserve encore des découvertes musicales inouïes et je vous assure d’emblée que Björk ou Sigur Ròs ne sortiront pas d’une source d’eau chaude au détour de cette brève. Loin d’être isolée ou renfermée sur elle même, l’île de la géothermie s’ouvre au monde depuis toujours et l’effervescence de musiciens s’impose dans nos casques depuis l’avènement des sites de streaming. Mais qu’est-ce qui fait qu’il-y-a une si grande concentration de talents? serait-ce les vapeurs de quelques volcans? la proximité du cercle polaire ? ou le fait que d’anciennes mythologies comparent leurs terres et paysages à la porte des enfers? il n’en est rien, la réponse se trouve dans leur culture et le système éducatif qui enseigne à tous la pratique d’un instrument dès le plus jeune âge. Ainsi jouer le Clavier bien tempéré de Bach équivaut à réciter une petite comptine chez nous.

La vidéo qui suit nous montre l’artiste dans un sauna, Oddur à cuire? reprenant Sons de Carrilhões de João Pernambuco.

A peu de chose près j’écrivais une brève sur Örvar Smárason (Mùm) qui s’apprête à sortir son premier album solo chez moor music.  Mais il a fallu que je croise le chemin de Oddur, c’est une personne passionnée/passionnante, humble et honnête. Le genre de rencontre qui permet de remettre les pendules à l’heure ou plutôt de s’en débarrasser.  Son approche contemporaine de la guitare et sa passion pour le répertoire andalou m’a réconcilié avec l’instrument. Ce qui a réorienté mes écoutes récentes vers des sonorités pures sans arrangements gonflés/gonflants.

Oddur S. Báruson aka El Odderiõ est donc un guitariste classique, né et résidant à Reykjavík. Son premier contact avec la musique a été établi au début de son adolescence, jouant de la guitare électrique avec des groupes de rock n ‘roll. Vers l’âge de vingt ans, il s’intéresse à la guitare classique, c’est vers cette voie qu’ il poursuit ses études au Conservatoire FÍH.  Oddur a joué sur scène en tant que guitariste classique à plusieurs reprises, à la fois en groupe et en solo. Il a enregistré et publié de la musique issue du répertoire classique, des compositeurs tels que Heitor Villa-lobos, Fernando Sor (attention c’est addictif) et Antonio Lauro. De plus, c’est un arrangeur prolifique de la musique populaire pour guitare classique. Dernièrement, son attention s’est fixée sur ses propres compositions. En toute fin de l’année dernière, il a donc publié sur son bandcamp une pièce en quatre mouvements, intitulée Four Sequences et travaille actuellement sur son prochain LP encore des compositions originales

Attaché à une musique dont il est parvenu à pénétrer les influences pour mieux les transcender El Odderiño évoque tour à tour avec Four Sequencies un jour de voyage, une nocturne, la lueur du soir et la brise du matin. Oddur interprète ses compositions courtes aux lignes mélodiques amples avec grâce et sensibilité ce qui ravira au plus profond d’entre nous les âmes poétiques .

François LLORENS

DJENAVI !

DJENAVI

Chaque jour, nous allons vous faire découvrir un projet artistique basé à Toulouse et qui est accompagné par le Centre de Ressource des Musicophages au travers du dispositif PANAMA. L’occasion d’écouter des projets naissants et volontairement hybrides pour une découverte un peu différente de ce qu’on a l’habitude d’entendre dans la ville rose. On démarre avec DJENAVI, un groupe découvert lors des auditions publiques au Bijou. Ce quartet propose une excursion musicale et lyrique, empruntant ci et là les codes de la musique de chambre, les sonorités orientales, le folklore balkanique, ou encore les structures modernes d’une musique contemplative et cinématique.

« Un soir d’hiver dans une maison froide. Un feu qui réchauffe et des  instruments qui se rencontrent. Presque vivants, ils donnent le goût de l’aventure. L’envie de créer ensemble, de saisir les vibrations pour les explorer, les transformer, l’envie d’attraper des notes pour les savourer, leur donner vie… »

https://www.facebook.com/Djenavi-1775562935805885/

 

 

Roche avoisine les plus grands

Aaron Roche  musicien basé à Brooklyn n’est pas un artiste torturé mais contrasté. Il concocte du folk lo-fi en lui agrémentant des sonorités d’avant garde, composition contemporaine mais inspirée par une tradition folk américaine, Aaron Roche est un multi-instrumentiste qui travaille aussi et surtout comme ingénieur du son.

Sa tournée qu’il effectue actuellement en Europe permet de (re)découvrir sa discographie et son dernier LP Haha Huhu datant de l’année dernière.  Seulement trois dates en France pour applaudir le troubadour new yorkais en concert acoustique, les plus chanceux ne le manqueront pas le 10 Avril à Caen,  le 11 à Paris et le 12  à Lille.

Pour cet évènement, un nouveau clip a été réalisé par Anna RG pour l’excellent Supreme Monument avec comme guest au chant traditionnel indien: Mirande Rajeev.

Aaron Roche a un CV de poids puisqu’il accompagne en tournée depuis longtemps les plus grands folkeux de ces dernières années comme Lower Dens et Sufjan Stevens. Ce qui lui a permis de se construire une grande maturité  et de se forger ainsi son propre style.  La preuve à l’écoute de ses chansons folk uniques en son genre et à l’émotion maîtrisée.

Aaron Roche

François LLORENS

Music Map, ou une autre façon de découvrir la musique !

Music Map

Sortez des plateformes d’écoute qui modifient votre façon de pensée et vous influencent pour vous ramener vers une musique faite pour ne pas être entendue mais consommée. Music Map est un petit site sans pub, qui crée autour d’un artiste, une galaxie d’autres artistes apparentés de près ou de loin et qui sont susceptibles de vous plaire. Chaque clic vous emmène vers d’autres artistes à découvrir ou non en fonction des affinités et de vos envies. Simple, rapide et hyper efficace et on ne vous vends rien. Enfin quelque chose d’objectif. Même si Music Map n’est pas nouveau, ce site offre une alternative nécessaire à partager et à consommer sans modération.

https://www.music-map.com/

 

Grand Veymont atteint des sommets.

 

Objet disque (Perio, Mocke, etc.) nous gratte-hifi  une fois de plus d’un EP qui porte bien son nom: Route du vertige.  Sorti le 18 février dernier, ces 4 titres aériens nous sont insufflés par un duo d’explorateurs de splendeurs: Béatrice et Jossselin aka Grand Veymont.

L’ascension de Grand Veymont, le plus haut sommet du Vercors (sic) ne dure que 45 minutes (le disque) mais cela suffit pour vite rentrer dans une transe synthétique. L’écoute s’apparente à une randonnée à travers les grands espaces pop , un saut avec ou sans élastique dans le Vert-Kraut,  prendre de la hauteur enfin, sur des cimes analogiques. Au sommet je déchausse le casque et continu d’être pris d’une extase cotonneuse jusque tard.

L’indiscutable héritage de Broadcast et de Stereolab est omniprésent pour les vétérans mais la référence passée, Route du Vertige  se trouve être unique et d’une très grande élégance. Entre le chant et la narration en français, Béatrice nous livre ses psaumes de façon habitée ce qui installe tout du long une atmosphère onirique, propice à la contemplation.

Grand Veymont

Les claviers vintages maîtrisés et une belle production confère à ce disque somptueux une aura qui saura dépasser je l’espère l’entre soi des diggers.

François LLORENS

 

PANGA NEBULA : La douceur de la Colombie

panga nebula photo

En direct de Bogotá (Colombie), par Omar notre correspondant !

Bogotá, connue comme ville des extrêmes, du bruit et du bordel, propose parfois des échappées mélodieuses qui peuvent surprendre mêmes les « bogotanos » les plus anciens. La Casa Kilele, centre culturel caché dans un quartier impopulaire est le théâtre de plusieurs de ces surprises. Je l’ai découvert a l’occasion du concert de Panga Nebula, un nouveau groupe qui fusionne musique traditionnelle colombienne et des sons électro incroyablement doux. Rencontre avec la nouvelle scène fusion.

On entre dans la salle, et l’ambiance et tout de suite chill… Les gens sont installés sur des chaises, noyés dans une pénombre intimiste. Daiana, chanteuse de formation traditionnelle caraïbéenne (cumbia, bullerengue, currulao…) entame des paroles poétiques avec une voix douce et à la fois puissante dans la tradition de la musique afro-colombienne. Elle chante sur les compositions d’ Orlando, basées sur des notes de guitare aériennes et des arrangements synthétiques. Je vous invite à revivre ce concert dans la vidéo de l’article, car le public en est sorti captivé. Je sympathise avec le duo une fois à la fin du concert. Le lendemain, entretien autour d’une pola (bière) pour parler du groupe et cette nouvelle scène colombienne.

D’où ça vient ce nom étrange de Panga Nebula ?

Daiana: « Panga » c’est un canoë en Colombie. J’aime ce nom car j’ai fait un parcours à travers les rivières et les mers, en même temps que nous nous sommes nourris de musiques du Pacifique. Alors Panga symbolise ces voyages géographiques et sonores que nous avons faits… Et « Nebula », eh bien nous ne nous proclamons pas de la musique traditionnelle, nous faisons une musique moderne, avec des instruments électro, des effets sonores… C’est un monde brumeux… Alors c’est comme si nous montions sur cette panga, que nous fassions ce voyage qui descend par les rivières, débouche sur la mer, pour finir sur les nuages.

Racontez-moi comment s’est passé votre rencontre, vous avez l’air de venir de mondes différents…

Orlando : Je viens du Rock, et j’ai toujours aimé composer, mais je ne suis pas à l’aise avec ma voix. On se connaît depuis un bon moment avec Dadia. On a fait la fête, on a participé à des buffs, et j’ai réalisé que j’avais enfin trouvé une voix qui me plait. Nous sommes un duo mais nous faisons appel à d’autres musiciens pour interpréter nos chansons en live et sur nos enregistrements… ça fait 12 ans que nous avons commencé à étudier la musique traditionnelle, le bullerengue, mais ce n’est que maintenant que nous nous professionnalisons. Nous prenons notre temps, en essayant de ne pas trop nous prendre au sérieux, et sans nous inquiéter pour passer à la radio.

Daiana : après tant d’expérimentations nous avons eu envie de partager nos chansons, car elles sonnent bien. C’est comme une berceuse pour l’âme, et on en a besoin. Nos compositions sont l’histoire de ce pays, ce sont comme des contes, des hommages doux… On demande pas au public de sauter et sauter, la musique ça peut aussi nous caresser avec des mélodies simples

Dans vos chansons la partie traditionnelle est suave, mais les mélodies électro aussi, étonnamment. Vous pensez que vous êtes en train de créer quelque chose de nouveau, ou que vous entrez dans une mouvance à la mode ?

Daiana : Tout a débuté il y a quelques années, quand les gens ont commencé à étudier la Gaita (ndlr: instrument typique du pays), à voyager à San Jacinto, apprendre avec les vieux maîtres, ensuite ils sont rentré en ville et ont fait un mix avec batteries, funk, world music… On a un terme ici, assez généraliste qui désigne cette mouvance comme « nuevas músicas colombianas« . Il y a de tout là dedans, mais j’espère que notre projet est différent, car nous avons cette prétention de calme, où on n’a pas peur que les gens s’endorment. Et s’ils s’endorment, eh bien, qu’ils en profitent ! J’aime définir notre musique comme un « arrullo sonoro » (berceuse sonore).

Quels artistes colombiens vous pensez que nos lecteurs devraient absolument écouter?

Orlando: Panga Nebula !

Daiana : Sonidos Enraizados et Reef Records. Des labels qui ont enregistré in situ ou en studio des vieux artistes traditionnels dans les villages du pays. Grace à eux le monde peut donc accéder à une musique qui est restée cachée longtemps. Le mieux c’est de s’ intéresser à ces nouveaux labels qui font découvrir des artistes inconnus ou oubliés.

https://panganebula.bandcamp.com/

http://www.ibermusicas.org/pt/catalogo/9843

https://www.facebook.com/Panga-N%C3%A9bula-1796955313652165/

L’interview finir par un cadeau du duo, jouant en acoustique leur chanson la plus emblématique du moment, Aguas Claras, que vous pouvez écouter via le SoundCloud du groupe. Je vous laisse découvrir aussi les labels cités en interview, en attendant les nouveaux articles sur la scène colombienne !

Omar

La cave underground du DESERTER Csaba Palotaï

Ooops voilà que j’ai les pieds en gigue et la tête qui dérive.
Les hanches qui roulent, les bras qui font l’oiseau.
J’appelle un docteur ? J’ouvre la fenêtre pour faire entrer de l’air frais ?
Pas la peine, il y en a plein l’appartement, et la machine à fumée psychédélique responsable de mon état, c’est le premier album solo de Csaba Palotaï .

The Deserter, une bonne dizaine de petites pièces solos pour guitare électrique triturée, guitare qui racle, guitare qui se tord, exacerbée mais jamais brutale, guitare qui soudain cajole et hurle à nouveau.  De la musique comme on se l’explore dans la cave ou dans le garage, en pur chercheur, sans comptes à rendre à personne.  C’est en effet à une des sources les plus enfouies de l’underground que Csaba semble brancher sa petite turbine saturée.

Photo-©-Vincent-Bourre

Avec The Deserter, on est au cœur du labo, on manipule la teinture-mère.  On jurerait que ce gars-là est connecté aux concerts subversifs des années ’70 – côté Est du mur – et à ce que des artistes comme Led Zepplin ou Jimi Hendrix apportaient au Blues, ou Zappa au jazz – aussi, puisque Csaba Palotaï vient du jazz.

Je ne dis pas qu’il les imite. Il se replace sur un nœud d’énergie aussi prometteur que quand on rebat les cartes au jeu. Il ouvre les vannes, comme ces bands l’ont fait, pour le grand bien de la musique.  Preuve qu’il a les idées claires et sa palette expressive bien en main, Csaba n’est pour moi jamais autant lui-même que quand il interprète dans son jus à lui un traditionnel Transylvanien (1) – un peu comme Jimi repeignant The Star-Spangled Banner à Woodstock – si ça vous parle …

Photo-© Cedric Maheut

Cette époque-ci a fini de pousser au paroxysme des modèles et des concepts épuisés. Place à l’invention, en musique comme ailleurs.  Avec The Deserter, Csaba Palotaï nous fait claquer la chemise au vent d’une puissante aspiration de liberté.

Et pour ce qu’il en dit lui-même, voici un trailer fort bien fait.

(1) The Burning House (Pabilijas), qu’on connaît dans une version beaucoup plus aérienne par sa compatriote Zsuzsanna Vàrkonyi – dont il est le comparse dans bien des projets musicaux.

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The Deserter chez le distributeur UVM

csabapalotai.com/

Csaba Palotaï, depuis 20 ans en France, a tourné avec son Grupa Palotaï, puis son spectacle Electric vaudeville. Il est aussi le guitariste d’Emily Loizeau, écrit, arrange pour quantité de projets.

Beat K enchante les désenchantés

Cela fait déjà deux ans depuis leur single Home que  Beat K se fait attendre, l’album  sort chez les italiens de Riff Records le 23 février 2018.

Ce duo d’anonymes, Paul et Ringo 😉 nous ont donc mis l’eau à la bouche avec leur drumming ethnic, leurs claviers colorés et leur voix douce fluidifiant le tout. Ils sortent enfin de manière éponyme Beat K un disque élégant,  sans colères et tout en  retenus, un travail d’arrangements pointus et de samples calibrés.

Les tambours ethniques de Baden Baden s’adresse d’abord au corps puis  à l’âme avec ses nappes rappelant un des thèmes de Twin Peaks. Cha CHa Cha sonne les cloches d’une réminiscences  electropop 90′. A new spring deuxième bijoux du LP installe une atmosphère envoûtante, sorte de transe synthétique nous plongeant dans une mélancolie contemporaine. Yellow, avatar de Yellow Submarine clin d’œil au petits gars de Liverpool est résolument moderne. Salt Lake City, pop song cotonneuse apaise toutes pulsions. Teen, avec cette fois une invitée chantant sur une ballade moelleuse entre le conte de fée et la mythologie dionysiaque. Bianca clôt (nos yeux) parfaitement l’album, un titre très confortable de piano solo teinté d’ambiant .

Le premier LP de Beat K permet de finir l’hiver, à écouter sous la couette ou dans les transports. Home nous plonge dans de l’électronica unplugged qui évoque à merveille le spleen urbain de notre époque.

François LLORENS