Haleiwa, stratosphère lo-fi

La bande-son du printemps : on écoute le nouveau single d’Haleiwa « HKI-97 » pour se prélasser au soleil.

Derrière Haleiwa se cache Mikko Singh, un musicien suédois qui mène à bien son projet musical en solo. Pendant près de deux ans, il s’est enfermé dans son studio à Stockholm pour enregistrer son troisième album Cloud Formations à paraître en juillet, et produit par le label berlinois Morr Music. Si au début de sa carrière, le multi-instrumentiste est attaché au skate punk et à la musique hardcore, cet opus donne lieu à un nouveau départ car son oeuvre s’est laissée bercer par la musique indie, l’influence du krautrock ou encore de la new wave.

En 2015, Mikko Singh se passionne pour les synthétiseurs analogiques et les utilise pour réaliser son album Palm Trees of the Subarctic. C’est à partir de cette expérience qu’il accorde un rôle plus important à la basse dans ses compositions. Haleiwa se réinvente musicalement et c’est lors de ce processus qu’il donnera naissance aux premiers titres de Cloud Formations, sculptés jusqu’à ce que chaque grain, chaque note atteigne le degré de perfection qu’il s’était imposé. Pendant la conception du disque, il accorde plus d’attention que jamais aux subtilités du son et à ses effets sur les émotions grâce à une technique consistant à enregistrer plusieurs instruments avec des microphones de mauvaise qualité lo-fi. La stratification des instruments, brumeux et saturés, offre un rendu qui n’en est que plus intimiste, tout particulièrement sur « Cloud Formations » et « Foggy ».

Munissez-vous d’un casque et plongez dans l’écoute des neuf pistes de Cloud Formations qui vous abreuvera de sa pop stratosphérique menée de main de maître par des synthés lascifs et des riffs solaires.

HKI -97 by Haleiwa

Le kaléidoscope de BBC 6 Radio Music

Aujourd’hui, Les Musicophages vous emmènent à la découverte de la BBC 6 Radio Music, une antenne de la BBC valorisant les groupes signés par des labels indépendants, tous genres confondus.

La station de radio lancée en 2002 par la BBC est accessible sur les médias numériques et représente une mine pour tous les amoureux de musique alternative. L’atout de BBC 6 Radio Music, c’est qu’elle ne se circonscrit pas dans un style particulier, mais étend au contraire le champ des possibles à tous les courants musicaux : rock classique et indie, punk, jazz, funk, hip-hop, electro ou encore trip-hop. Ses programmations diffèrent de celles qui sont diffusées sur BBC Radio 1 et BBC Radio 2 et embrassent la période des années 60 à nos jours. Ce panorama combine des enregistrements anciens issus des archives de la BBC aux sorties du moment, dès lors que les groupes s’émancipent de la spirale mainstream qui englobe la majorité des radios, et leur préfère des labels indépendants tels que 4AD ou Bella Union.

L’autre particularité de la BBC 6 Radio Music, c’est de proposer des émissions thématiques avec un angle original pour satisfaire les passionnés. En ce moment, c’est la santé mentale qui est à l’honneur à la radio avec un cycle intitulé « Music to calm the mind ». La station a demandé à quelques-uns de ses artistes fétiches tels que John Grant ou Jungle quelle musique a le pouvoir d’apaiser nos esprits. Des réponses très variées fusent, et recommandent Chopin ou Brian Eno. Et vous, quels sont les artistes qui calment votre anxiété ?

D’autre part, les animateurs de BBC 6 sont considérés comme des experts dans leur domaine musical de prédilection et c’est pourquoi vous pouvez écouter une émission hebdomadaire animée par Iggy Pop intitulée « Iggy Confidential » qui fait la part belle aux trésors cachés du rock. La radio est active sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook et Youtube où elle diffuse des entretiens en vidéo et des live. Délectez-vous des derniers morceaux grâce à la playlist qui, cette semaine, vous fait découvrir les albums de The National, Foals ou encore Courtney Barnett.

L’Eurovision engagée d’Hatari

Qui est Hatari, le groupe iconoclaste qui a déjoué les règles de l’Eurovision en manifestant son soutien au peuple palestinien ? En utilisant le télé-crochet pour dénoncer la guerre qui sévit dans le pays, le trio prouve que la musique pop peut avoir un impact sur la politique.

La finale de l’Eurovision s’est déroulée à Tel-Aviv, en Israël, alors que les affrontations avec la Palestine plongent le territoire dans le chaos. Si certains habitants se sont félicités d’être les hôtes d’un concours célébrant la paix dans le monde, de nombreux palestiniens se sont insurgés contre cet accueil deux mois après de venimeux conflits à Gaza, en appelant à boycotter le télé-crochet placé sous haute surveillance. Si l’ensemble de l’événement s’est déroulé dans le calme, et dévoilait une programmation musicale peu diversifiée, Hatari est sorti du lot en proposant un style de musique différent et en réagissant à la cause palestinienne.

Au cours du soixante-quatrième concours de l’émission, le trio s’est démarqué des autres candidats en dérogeant au règlement qui exige que le contenu des chansons soit apolitique. Si l’Islande n’a jamais remporté le télé-crochet, les musiciens originaires de Reykjavik ont décroché la dixième place de la célèbre audition – devant la France qui figure en quatorzième place – en interprétant un morceau dans leur langue originale, alors que beaucoup de participants prennent le parti de chanter en anglais. Créée en 2015, la formation se définit ouvertement comme « anticapitaliste » et a sorti un EP en 2017. Début 2019, c’est avec le nouveau morceau «Hatrið mun sigra» (« La haine vaincra ») que la bande se présente à l’Eurovision et est élue par le public islandais à 54,36 % des suffrages. Si elle était d’abord rétive à participer au concours, elle considère la visibilité qui lui est accordée comme un moyen d’expression pour dénoncer l’oppression dans le pays accueillant la cérémonie en 2019.

Au premier abord, les téléspectateurs peuvent se laisser surprendre par l’esthétique BDSM arborée par Hatari et la singularité de leur musique « electronicore », un genre peu connu du grand public hérité des scènes EBM, industrielles et gothiques, auxquelles le trio emprunte aussi bien les codes fétichistes que les sonorités. C’est le message politique de la chanson qui permet aux candidats de sortir de l’ombre. En effet, leur chanson diffuse un message de mise en garde contre la haine s’accroissant en Europe et désire faire prendre conscience au public du danger que la violence fait naître, grâce à sa participation au télé-crochet à une heure de grande écoute. Sensibles au conflit israélo-palestinien, ils brandissent une banderole pro-palestine à la fin de l’audience que la sécurité s’empresse de confisquer, alors qu’ils avaient érigé un peu plus tôt dans la soirée le drapeau LGBTQI. Les gestes politiques sont proscrits du concours, et les huées de l’auditoire peu convaincu par ce parti pris ne tardent pas à se faire entendre.

La dénonciation d’Hatari est corroborée par la performance de Madonna, qui défendait le titre « Future », un inédit de son opus à paraître Madame X le 14 juin prochain, en présentant deux danseurs main dans la main dont les blousons affichaient les drapeaux des deux pays. Lorsqu’elle entame « Like A Prayer », la chanteuse internationale effectue un parallèle détourné entre la Shoah et le conflit israélo-palestinien. Elle reçoit un accueil incendiaire de la part de l’ UER (Union européenne de radio télévision) pour avoir intégré des éléments politiques omis des répétitions à sa prestation. L’ampleur politique de cet événement est sans précédent dans l’historique de l’Eurovision.

Le thème de l’émission de 2019 était « Dare To Dream », et si les islandais pointent du doigt l’effondrement d’un rêve qui ne semble pas accessible, force est de constater qu’ils remportent haut la main la palme de ceux qui osent afin qu’un jour peut-être, leur rêve éclose grâce à une musique engagée.

https://hatari.is/

L.A. Zine Festival

Le festival de fanzines de Los Angeles se déroulera le dimanche 26 mai dans l’entrepôt de l’ancienne boulangerie industrielle Helms Bakery, à Culver City. Vous êtes passionnés par l’undergound et ne jurez que par le Do It Yourself, foncez !

Le stand de Joyces Lee.

Cet événement dédié aux sous-cultures se déroule chaque année depuis 2012, et propose à ses visiteurs d’assister à des workshops pour apprendre à réaliser ses propres fanzines et échanger des astuces autour de cet artisanat qui fait fureur chez les plus créatifs. Des structures emblématiques pour les aficionados telles que le Craft And Folk Art Museum, le Rock’N’Roll Camp For Girls ou la librairie Meldown Comics se sont mobilisés pour l’occasion et ont participé à l’organisation d’ateliers, tout en proposant des points de rencontres pour ceux qui seraient désireux de sillonner la ville. La cité des anges a toujours été un vivier pour la sphère alternative et de nombreux exposants lui feront honneur. Vous pourrez y retrouver quantités de créateurs émergents comme Joyces Lee qui conçoit des fanzines sur la fusion entre le corps et la technologie ou Ajuan Mance, une professeure et artiste qui donne une visibilité dans Nuthingood aux communautés sous-représentées dans les médias mainstream. Chaque jour, sur leur facebook, ils publient un portrait étonnant de créateurs de fanzines.

Un exemplaire du fanzine Nuthingood.

https://www.facebook.com/lazinefest/

https://lazinefest.com/

https://joyceslee.com/

https://www.instagram.com/nuthingoodat4/

Björk caméléon

Alors que la chanteuse sort ces jours-ci un clip inédit, Les Musicophages ont fait l’acquisition d’un tout nouveau fanzine sur la garbe-robe de l’islandaise.

Si vous vous attendiez à découvrir des infos croustillantes sur son actualité musicale, passez votre chemin ! Les artistes espagnols Claudio Jimenez et Alions Cuenca ont créé une collection de fanzines dédiés aux figures iconiques de la musique pop en rendant hommage à leurs costumes scéniques. Le troisième numéro de Recor(d)tables vous offre la liberté de découper et de coller sur des patrons les tenues et les perruques les plus extravagantes de Björk. Si le concept vous enchante, vous avez également la possibilité d’habiller David Bowie ou Mickael Jackson.

http://www.recordtables.com/

Snow Ghosts, gardiens du chagrin

Le groupe Snow Ghosts, révélé au public grâce au morceau « And The World Was Gone » diffusé dans la série Teen Woolf, est de retour avec un disque sombre qui vous plongera dans une atmosphère mélancolique.

Le trio londonien Snow Ghosts, composé de Hannah Cartwright au chant et des multi-instrumentistes Ross Stone et Olivier Knowles sort son troisième album A Quiet Ritual sur le label britannique Houndstooth. Le groupe est hanté, depuis ses débuts, par les thèmes de l’éternité, l’amour et la mort auxquels il dédie son oeuvre, jalonnée de références historiques.

Le nouvel opus, enregistré dans le château de Wiltshire en Grande-Bretagne, s’est donné pour mot d’ordre d’explorer l’épreuve du deuil en mélangeant des instruments du folklore celtique utilisés lors de rituels ancestraux comme le carnyx (maîtrisé par l’invité John Kenny, l’un des rares musiciens contemporains à savoir en jouer) à une dark folk mâtinée d’un post-rock apocalyptique aux sonorités electro. Ensemble, les pistes telles que « Spinners » ou « Ribcage » tissent une ambiance élégiaque peuplée d’harmonies où les spectres sont indissociables du lyrisme.

A Quiet Ritual by Snow Ghosts

Holly Herndon, musicienne et chercheuse

holly herndon

Avec son nouvel album Proto, la compositrice et chercheuse Holly Herndon s’est lancée le défi de placer l’intelligence artificielle au coeur du dispositif musical. Pari réussi.

Le troisième album d’ Holly Herndon, Proto, est sorti le 10 mai sur le label 4AD (Grimes, Cocteau Twins, Bon Iver). Après avoir passé son adolescence à Berlin durant l’âge d’or de la techno, elle rentre aux Etats-Unis, à San Francisco, pour aller étudier à l’université de Stanford où elle obtient son doctorat en composition musicale et informatique. La jeune femme a récemment achevé sa thèse qui portait sur l’utilisation des voix dans la musique par ordinateur et donne, aujourd’hui, des cours dans des ateliers de recherche. Avec ce nouvel opus, elle poursuit sa quête sonore avant gardiste et pop où l’étendue des possibilités technologiques constitue un prolongement et une ouverture à l’innovation.

Avec son collaborateur de longue date Mathew Dryhurst, elle a créé une intelligence artificielle nommée Spawn (progéniture) accompagnant une kyrielle d’invités (dont la musicienne et productrice de musique électronique Jlin ayant de plus en plus de renommée outre-atlantique). Lors de l’enregistrement d’un « live training » où elle modifie les voix d’une chorale, cette combinaison inattendue produit un résultat qui l’est tout autant.

Pendant l’écoute des treize morceaux que constitue Proto, l’éclectisme est au rendez-vous. Certaines chansons comme « Eternal » ou « SWIM » – les plus pop de l’album – font la part belle à la tessiture d’Holly, éthérée mais puissante, guidée par un tempo alliant rythmes cotonneux et énergiques. Ses expérimentations sonores constituent une véritable odyssée à travers les âges et les espaces : l’ambient de « Crawler » est imprégné d’une atmosphère organique où les vibrations de la nature reconstituées par ordinateur, côtoient les voix a capella des choristes, donnant une dimension liturgique à la fin de la piste. En effet, la chanteuse s’est inspirée de nombreuses traditions musicales anciennes que sa créature Spawn mêle aux voix robotisées, comme sur « Fear, Uncertainty, Doubt », les remodulant à l’excès. Depuis son premier album Movement sorti en 2012, Holly imprègne ses compositions de philosophie et ses arrangements cybernétiques provoquent un enfantement de la beauté. Proto, projet comparable à nul autre, place l’intelligence artificielle au coeur de la création, et on ne peut s’empêcher de se questionner sur la part de liberté qu’Holly lui concède. À quel point Spawn intervient-elle avec la chorale, les rythmiques, le mix final ?

En enfantant Proto, qu’elle appelle elle-même son « baby », Holly Herndon s’est lancée le défi d’ériger la technologie, non pas en tant qu’objet voué à déshumaniser l’art mais au contraire, à l’augmenter de manière indéfinie. Cette tentative abolit la frontière des genres et permet à l’artiste de créer un nouvel écosystème musical.

 

https://www.hollyherndon.com/

Kim, car pas chiant

Chantre du Do It Yourself, mélodiste hors pairs, KIM travaille à la réhabilitation du kitsch en sublimant cette fois le Ukulélé à travers des compositions rafraichissantes et toujours aussi émouvantes.

Sorti en petite grole (le contraire d’en grande pompe…) le 15 avril 2019 chez Equilibre Fragile, Kim s’en tape l’uku mais Uku tape sera certainement trop peu chroniqué sur les webzines musicaux et encore moins dans la presse mainstream et la trinité inrocks/telerama/libé qui font et défont le « cool ».

Kim Giani aka KIM originaire de Bordeaux est un chanteur et multi-instrumentiste mais pas que car trop d’idées grouille sous sa tignasse, il est aussi dessinateur (bandes dessinées, illustrations) et vidéaste ! Le maquisard de l’underground a composé plus d’une trentaine d’albums depuis environ vingt ans et ce dans tous les styles, des hymnes lo-fi plus vite que son ombre. Car dans la catégorie des musiciens hyper-prolifiques KIM se place en tête, à l’heure où cette chronique est diffusée d’autres projets seront bouclés sous son nom de scène KIM ou sous différents avatars « parfois fantasmés et souvent pastiches », tous ses projets sont totalement non dénués d’humour et de troisième degré : les clopes, gainsbite, Jean-Michel Darre, etc.

Après avoir sortit en 2015 déjà chez Equilibre Fragile, Banjo Tapes, des compositions folk-acoustiques, Kim propose cette fois Uku Tapes (15 titres – 29mn) et donc au ukulélé et chant et ce toujours en cinq langues différentes: anglais, français, italien, arabe et russe!!!

(le jaune dans l’ère du temps)
titre magnifique que j’avais pu glisser dans mon top 2018 dans Magic Revue Pop Modern

Tout digger ou curieux que nous sommes, scrollant sans fin les sites de streaming se laissera séduire par cette musique rudimentaire et authentique à la Herman Dune ou Daniel Johnston. Tout Uku tapes est empreint d’une sensibilité à fleur de peau (« paulette blues ») et les compositions aux mélodies toutes plus accrocheuses les unes que les autres (« quelque chose qui me chiffonne ») nous accompagneront longtemps bien au delà de l’été qui pointe son nez.

François LLORENS

Toth est dit.

Après une décennie marquée par la maladie de son ex-compagne, foudroyé par sa rupture, Alex Toth trompettiste averti, remonte difficilement la pente tout en multipliant les projets: hommage à David Bowie, formations punk, etc .

En juillet 2016, Alex Toth se remet d’un pied et cœur brisés, coincé dans son appartement au quatrième étage à Brooklyn avec plâtre et béquilles. Investi dans l’écriture et la composition c’est là que le premier album de Tōth, « Practice Magic and Seek Professional Help When Necessary« , est né.

C’est une véritable renaissance car il en résulte un album dénué d’amertume et rempli de mélancolie ensoleillée. Toht a trouvé la force et l’inspiration nécessaire pour composer des harmonies chatoyantes rappelant les Beach Boys. Sa voix haut perchée et sa guitare folk agrémentées de ses envolés de solos de trompette et de violons confère à son lp une couleur pop époustouflante.


Que vous croyez ou pas à la psycho-magie de Jodorowsy ou à la méditation transcendantale, ce disque est un remède à toute crise existentielle. En attendant la sortie le 10 mai 2019 sur le label Figureith records et Northern Spy Records quelques titres sur les plateformes de streaming sont prescrit à dose homéopathique.

Il faut vivre avec FONTAN

Fontan sort son magnum opus Le jazz acrylique sur ZE Records, mythique label qui a marqué au fer rouge les pionniers de l’underground new-yorkais: Suicide, Lydia Lunch, John Cale, etc.

L’underground tarnais ne regorge pas que de philistins goguenards déclamant des poèmes soulographiques. Car c’est dans une atmosphère de strict apartheid culturel, le Tarn, son bouge régulier que Fontan explose tout les préjugés des chroniqueurs parigo-centrés. De part ses origines contestées quoique probables où il puise son inspiration, Fontan fait du rock pas celui devenu une étiquette garantissant l’allégeance à un simulacre de non conformisme, mais celui qui révèle la forme toujours autre du feu qui nous habite.

Aucune allergies à l’écoute du jazz acrylique car c’est plutôt du rock soyeux cousu-mains confectionné ici et qui nous électrise. De la haute couture puisque Fontan a le soucie de la matière première: guitares et ampli vintage. Avec sa Gretch lui servant de catalyseur à riffs Fontan exprime le puissant courant de sa fantaisie. Une production qui n’est pas dans le calibrage à tout prix ni dans les formats d’oppositions d’un quelconque art migraineux. Le grain lo-fi des fuzz, les silences fracassant et une voix de crooneur spectrale donnant le vertige sont les ingrédients parfaits pour ses compositions dream rock. Pour les anglophones, ses textes poétiques les plongeront dans un puissant maelström d’émotions pour s’échouer sur des rives inattendues.

L’Olympe du rock à ses dieux et Fontan patiente dans son antichambre. Fake News pas encore démentie: Le disque serait un side project de Lou Reed avant transformer.

François LLORENS