Les royaumes célestes de Dead Can Dance

A l’époque où la new wave triomphe et dessine les contours d’une musique industrielle, Dead Can Dance fait ressurgir du passé des sonorités lithurgiques et bouleverse les années 80 grâce à son univers mystique.

Dead Can Dance naît de la rencontre entre Lisa Gerrard et Brendan Perry à Melbourne. Elle suit une formation en chant lyrique et grandit dans un quartier brassé par le métissage culturel, entrant en contact avec la musique turque ou grecque. Sur scène, elle ne se sépare jamais de son yangqin, un instrument traditionnel chinois de la famille des cithares. Brendan Parry vit entre Londres et la Nouvelle-Zélande, il se passionne pour le punk et devient le chanteur des Scavangers. Nourri d’influences post-modernes comme Arvo Pärt, il désire élargir ses expérimentations vers d’autres horizons et fonde Dead Can Dance avec quelques amis. Un soir, il rencontre Lisa à la sortie d’un club où il joue, et ce moment signe le début d’une longue histoire (amoureuse et musicale). Assistant d’abord aux répétitions du groupe en tant que spectatrice, Lisa Gerrard essaie un jour de mêler sa voix de contralto à la musique de Dead Can Dance, et les membres sont conquis. Dès lors, elle devient un pilier du groupe au même titre que Brendan Perry, et ses influences médiévales instillent un savoureux mélange de sonorités anciennes et modernes qui façonnent la signature de la bande.

Arvo Pärt a beaucoup influencé Brendan Perry.

En 1982, le groupe déménage à Londres dans l’espoir de remporter un succès plus franc auprès du public anglais, plus habitué aux sonorités arty que le public australien. Les musiciens enregistrent quelques démos qu’ils envoient à des maisons de disques, et l’oreille affûtée d’Ivo Watts-Russel y prête attention. En 1983, il propose à Dead Can Dance de jouer en première partie de Xmal Deutschland et très satisfait de leur prestation, il les signe.

« Dead Can Dance », 1984

 Les morts peuvent danser. C’est la signification que Brendan Perry donne à son groupe en s’inspirant d’un masque aborigène ayant le pouvoir de rendre vivantes les choses inanimées. Dans son nom, Dead Can Dance porte presque un dessein, celui de créer un monde nouveau, en brouillant les frontières entre ceux déjà existants et ceux que l’on imagine. Lisa Gerrard le parachève en inventant une langue, un chant en glossolalies qui l’accompagne depuis l’enfance. En s’extrayant du poids des mots, la chanteuse se libère de la cage de verre qu’est le langage et s’exprime grâce à la voie la plus intense : celle de l’émotion brute. Mais la singularité du groupe ne tient pas qu’à ces deux éléments. Forts d’un éclectisme complémentaire, Perry et Gerrard mêlent à leur goût pour la cold wave des sonorités liturgiques ou orientales entourant leurs concerts d’une aura mystique. Et le public d’alors, plus habitué aux morceaux punks de trois minutes s’empressant de conjurer le futur qu’aux incursions dans un passé revisité est subjugué par cette musique chamanique, à la fois classique et tribale, mais au sein de laquelle une communauté fidèle au rock se retrouve.

« Spleen And Ideal », 1985

En 1984 sort le premier opus sobrement intitulé Dead Can Dance qui, malgré un succès confidentiel, permet aux musiciens de passer plus de temps en studio car Ivo, conscient de posséder dans son écurie des prodiges, les confie au producteur John A.Rivers (actif au sein de Beggars Banquet). En 1986, l’album baudelairien Spleen And Ideal commence à délaisser petit à petit le rock car Perry, fervent amateur de musique classique et post moderne incorpore à ses compositions du violoncelle et des timbales. Ce disque est considéré par de nombreux fans comme le premier d’un triptyque formé avec Within The Realm Of A Dying Sun et The Serpent’s EggWithin The Realm Of A Dying Sun, album primordial dans la discographie des Australiens, paraît en 1987. C’est l’oeuvre où le groupe abandonne totalement le rock, où les guitares figurent aux abonnés absents. Dead Can Dance fait la part belle aux cordes et aux cuivres où trompettes, hautbois et violons sont légion. L’une des particularités de l’album est que les titres chantés par Perry et Gerrard sont nettement distingués : il ouvre le bal avec l’hypnotique « Anywhere Out Of The World », elle le clôt sur le lithurgique « Persephone (Gathering Of The Flowers) ». La pochette dévoile la pleureuse installée sur la tombe de Raspail au Père-Lachaise et épouse l’atmosphère sombre émanant d’un disque comme descendu des cieux, célébrant une intemporelle messe.

« Within The Realm Of A Dying Sun », 1987

Au cours des années 90, Dead Can Dance enregistre des albums aux tonalités de plus en plus baroques, et explore les musiques du mondes chères à Lisa Gerrard. Le groupe se sépare en 1998 pendant l’enregistrement d’un nouvel album en raison de divergences artistiques trop prononcées. Les deux membres poursuivent chacun de leur côté des collaborations entamées pendant leur carrière avec le compositeur de musique de films Hans Zimmer ou Les Mystérieuses Voix Bulgares avec lesquelles Gerrard enregistre et tourne.

« The Serpent’s Egg », 1988

En 2008, 4AD réédite et remastérise l’ensemble des albums de Dead Can Dance qui, pendant l’âge d’or du label, essuie quelques rivalités avec les protégés d’Ivo : les Cocteau Twins. Les deux groupes aux chanteuses hors du commun participent au projet This Mortal Coil mais Lisa Gerrard n’accepte pas qu’il offre plus de visibilité à Elizabeth Frazer. Néanmoins, à la différence des Cocteau Twins qui se séparent définitivement à la fin des années 90, Dead Can Dance se reforme en 2012 et sort en 2018 l’opus Dionysus avant d’entamer une tournée en 2019 qui attire toujours autant le public. 

Le rock déstructuré de Throwing Muses

Throwing Muses est le premier groupe américain a être signé chez 4AD. Leur premier opus établit les fondations du rock alternatif avant que le genre n’explose dans les années 90.

Les demi-soeurs Kristin Hersh et Tanya Donelly, musiciennes depuis leur prime enfance, créent en 1983 les Throwing Muses à Boston, alors qu’elles sortent à peine de l’adolescence. Elles enregistrent une demo sur leur propre label Blowing Fuses, effectuent quelques concerts et sont repérées par le producteur Gary Smith de Fort Apache Studios qui les présente à Ivo Watts Russel. C’est la première formation américaine signée chez 4AD. L’opus Throwing Muses sort en 1987 et donne ses lettres de noblesse à un style qui n’existe pas encore : le rock alternatif.

« Throwing Muses »

Écouter les premières compositions du groupe bostonien, c’est s’abandonner dans le sillage d’une vague anarchique, un univers crissant qui n’a que faire de la structure traditionnelle d’une chanson. Peu adeptes de la combinaison couplets/refrains, les chanteuses s’amusent à allier tempos lents et rapides au cours d’un titre, sans qu’aucun élément ne permette d’anticiper cette escalade sonique. C’est à Kristin Hersh que l’on doit l’écriture des paroles, surfant entre inquiétante étrangeté et surréalisme. Enceinte et diagnostiquée bipolaire lors de la sortie de l’album comme elle le relate dans son autobiographie Rat Girl, la compositrice est habitée par l’écriture comme un spectre dont elle ne peut se soulager qu’après avoir créé. Cette obsession engendre des morceaux corrosifs, qui règlent son compte à une société gangrénée, la renvoyant vers ce qu’elle incarne : le chaos. Il suffit d’écouter la rage qui émane des arpèges discordants de « Vicky’s Box » ou la voix écorchée de « Hate My Way » pour s’assurer que la quiétude est un isthme lointain, peut-être même un mythe.

« Rat Girl », l’autobiographie de Kristin Hersh

Par la suite, Throwing Muses sortent de nombreux disques qui seront plus pop dès The Real Ramona en 1991. L’année suivante, Tanya Donelly quitte le groupe et forme Belly, pop-rock lumineux produit par 4AD. Si cette formation est aujourd’hui tombée dans l’oubli, ça n’est pas le cas de The Breeders, groupe phare du label, où elle joue aux côtés de Kim Deal des Pixies. Kristin Hersh crée à son tour 50 FOOT WAVE, un groupe à l’énergie punk qui restera confidentiel. Les Throwing Muses se séparent en 1997, Hersh et Donelly se consacrent à leur carrière solo mais restent chez 4AD. En 2003, le groupe sort un huitième album et participe à quelques tournées, mais il n’accédera jamais à une renommée semblable à celle de The Breeders.

Clan Of Xymox, ondulations clair-obscur

Clan Of Xymox a joué un rôle majeur dans l’émergence de la dark wave. Le groupe a sorti chez 4AD deux albums où le rock gothique se mue en danse mélancolique aux contours fantomatiques.

En 1981, sous l’impulsion de The Cure et de la new wave dansante de New Order, le néerlandais Ronny Moorings crée Clan Of Xymox – il est fasciné par le mot « zymotique » lié à la fermentation avec sa petite amie de l’époque Anka Wolbert à la basse et son colocataire Pieter Nooten aux claviers. Ils enregistrent une demo, Subsequent Pleasures, et Roony rencontre Dead Can Dance lors d’une virée au restaurant. Ils l’invitent à leur concert à Londres et, enchantés par les morceaux de la démo, proposent à Xymox de jouer en première partie de leur tournée. Ivo Watts Russel les répère et ils réaliseront Clan Of Xymox et Medusa chez 4AD.

« Medusa »

Le groupe a participé à la naissance de la dark wave, genre fluctuant hérité du post-punk créant une porosité entre les musiques électroniques, industrielles et le rock gothique – pourvu que l’atmosphère soit porteuse de mélancolie. L’animateur radio John Peel diffuse en boucle à la BBC « 7th Time » de Clan Of Xymox. Medusa, leur second opus chez 4AD, distille des sonorités mélodiques et charbonneuses sur lesquelles le corps ne demande qu’à se mouvoir de langueur. Des titres comme « Medusa » se répandent comme une traînée de poudre dans les clubs alternatifs : le spleen est devenu chorégraphie. « Michelle », « Louise », les prénoms féminins sont légion sur cet opus, célébrant les liaisons fanées et le romantisme orageux chantés par Mooring. Les instrumentaux des deux « Theme » et « Lorrentine » menés de main de maître par Pieter Nooten confèrent à la grâce d’un autre monde – sphérique ou souterrain, on ne saurait le définir… Le claviériste enregistre en solo un disque ambient dark Sleeps With The Fishes en 1987 avec le compositeur canadien Michael Brook. La même année, Xymox tourne le clip de « Muscoviet Musquito » pour la compilation Loneliness Is An Eyesore de 4AD aux côtés de Dead Can Dance et Cocteau Twins avant de se séparer du label.

« Sleep With The Fishes »

En 1989, le groupe signe chez Polygram et bénéficie d’une large distribution aux Etats-Unis. Clan Of Xymox se renomme Xymox – changement advenant à chaque fois que le groupe évolue et sort Twist Of Shadows puis Phoenix qui connaissent un franc succès outre-Atlantique. En 1991, le groupe s’essaye à composer des chansons plus électroniques, s’éloignant du champ de la dark wave et Anka, ne se reconnaissant plus dans ces sonorités, quitte le groupe. Xymox est toujours actif aujourd’hui et continue de sortir des albums, mais le seul membre restant de la formation originelle est Ronny Moorings.

The Wolfgang Press, le gang qui n’a pas bonne presse

The Wolfgang Press est l’un des trio les plus inventifs de 4AD, explorant un post-punk avant-gardiste flirtant sans frontière avec la soul, le flamenco ou les musiques industrielles.

Avant de fonder The Wolfgang Press, le chanteur et bassiste Michael Allen et le claviériste Mark Cox fondent Rema-Rema avec Marco Pirroni, (futur bassiste d’Adam & The Ants). Rema-Rema, c’est un post-punk expérimental, dans la veine de Throbbing Gristle, et le single Wheel In The Roses est un des premiers que sort Ivo alors que 4AD se nomme encore Axis Records. Le groupe se sépare peu de temps après et Marco Pirroni sera remplacé par Andrew Gray. Le trio fondera The Wolfgang Press et figurera parmi les formations les plus actives de 4AD de 1983 à 1995. Mélangeant les registres, il est si inclassable qu’il ne sera jamais acclamé à sa juste valeur par le public, et boudé par la presse.

Rema-Rema, « Wheel In The Roses »

En 1983, les Anglais enregistrent un premier album, Burden Of Mules, aux paroles irrévérencieuses dignes de The Birthday Party. L’un de ces titres, « Journalists », leur mettra par ailleurs une bonne partie de la presse à dos. Loin de céder aux tentatives d’intimidation, le trio est très productif et enregistre trois EP entre 1984 et 1985 : Scarecrow, Water et Sweatbox regroupés dans l’abum The Legendary Wolfgang Press And Other Tall Stories – à l’exception des titres « Muted » et « The Deep Briny ». La pochette tape à l’oeil d’inspiration fauviste jure avec les jaquettes éthérées habituelles de 4AD, et le son de notre gang n’en est pas moins criard. Robin Guthrie (Cocteau Twins) collabore avec eux sur cet album et le très soul « Respect » est gratifié des choeurs de Liz Fraser. Des morceaux fiévreux tels que « Fire-Eater » ou « Sweatbox » sont retravaillés et le résultat n’en est que plus tribal grâce aux percussions exotiques et aux synthés indus.

« The Legendary Wolfgang Press And Other Tall Stories »

Les membres de The Wolfgang Press jouent tous des claviers sur les enregistrements, en supplément des instruments dont ils jouent sur scène. Des musiciens additionnels les accompagnent sur les tournées pour pouvoir reproduire les sonorités si riches du studio. Hélas, en raison des difficultés à rassembler tous les musiciens en même temps, les concerts se font plus rares. Après le départ de Mark Cox en 1996, 4AD résilie leur contrat et de retour en Angleterre, ils essaient de trouver un autre label qui pourrait les signer, mais leurs demandes restent lettres mortes. Le groupe décide de se séparer et laisse dans son sillage des albums tous plus inventifs les uns que les autres.

Dig It! : Grand Esprit Rock’n’Roll

Hommage à Gildas Cospérec

Gildas Cospérec, le fondateur de l’emblématique fanzine toulousain Dig It! consacré au rock garage, n’est plus. Tout au long de son existence, il s’est employé à défendre des groupes confidentiels et pointus avec un enthousiasme contagieux. Retour sur vingt-cinq années passionnées, par l’underground et le papier, les salles de concert étriquées qui collent sueur et décibels à la foule, afin de lui rendre un dernier hommage.

Au commencement était l’obsession d’un univers : le rock garage, autour duquel se retrouvent trois amis. En 1982, Antoine « Tatane » Madrigal, Benoît Binet et Gildas Cospérec fondent Nineteen, fanzine d’une érudition dense qui connaît un franc succès dans l’hexagone, jusqu’à sa disparition en 1988. À l’instar des fanzines des années 80 qui bénéficient d’un noyau de lecteurs fidèles, Nineteen tente d’intégrer la grande distribution, en vain.

« Nineteen, anthologie d’une fanzine rock » publié en 2016 chez Les Fondeurs De Brique.

Fort de son expérience dans le fanzinat, et face au vide laissé par Nineteen, Gildas décide de créer Dig It! avec ses amis en 1993. Dig It! se définit comme « un fanzine qui s’échine à défendre le garage le plus cryptique, le punk le plus torride, le power-pop le plus roboratif, le surf, le country-rock, le psychédélisme le plus déjanté… Tout ce qui réveille nos vieux démons, ranime le Grand Esprit Rock’n’Roll, brandit la bannière de l’Underground et enfonce joyeusement dans le cul du music business… » La messe est dite. Les amis se retrouvent donc chez Armadillo, le magasin de disques tenu par Antoine et Benoît à Toulouse qui devient le quartier général de Dig It.

La devanture d’Armadillo Disques, rue Pharaon à Toulouse : le quartier général de Dig It!

Grâce à une précision d’orfèvre, ils façonnent un objet à la typographie reconnaissable entre toutes : couverture flashy aux tons psychédéliques qui agrippent l’œil, et un intérieur sobre tout en noir et blanc, comme pour honorer les premiers rockers des 50’s et 60’s – ceux qui sont authentiques, les bruts du décoffrage. Brute du décoffrage, l’écriture l’est aussi, grâce à un style résolument vif, nerveux, disséquant scrupuleusement les derniers disques du millésime. Les performances live sont relatées avec jubilation et un humour truculent, ce qui atteste que oui, l’écriture rock est un art, et les contributeurs de Dig It! en remportent la palme haut la main. Au delà du trio de fidèles, des rédacteurs de toutes les professions participent à l’élaboration du fanzine – du chauffeur de camion au physicien – pourvu que l’envie les anime. Alain Feydri, spécialiste des Cramps, et Pascal « Pachuco » Escobar, auteur d’une Histoire du rock à Marseille, sont également de la partie pour rythmer de nombreux récits.

L’esthétique psychédélique et flashy de Dig It!

Au menu du fanzine d’une cinquantaine de pages publié quatre fois par an, se dégustent des articles de fond enquêtant sur des groupes de niches, des extraits de vie estampillées rock’n’roll, des live reports subjectifs et forts en décibels, comme si l’on y était. Sans oublier un assortiment de chroniques de disques, livres, films, afin d’étancher sa soif de curiosité.

Dig It! est tiré à 1000 exemplaires : 500 numéros sont envoyés aux abonnés, l’autre moitié est distribuée chez les disquaires. Monté en association, le fanzine ne bénéficie d’aucune subvention, et si l’on aperçoit de la publicité entre ses pages, il s’agit d’une publicité consacrée à la musique et offerte aux groupes et labels pour les remercier de leur investissement sur la scène rock. Ce sont les aficionados qui achètent Dig It! ainsi que ses rédacteurs qui ont fait perdurer sa publication pendant plus de vingt-cinq ans.

Ces aficionados, qui sont-ils ? Le lectorat de Dig It! est très large, et recouvre toutes les tranches d’âge, du vieux rocker à un public jeune, manifestant son enthousiasme au travers de courriers, et en assistant à l’émission de radio qui était diffusée tous les jeudis soirs sur Canal Sud jusqu’au mois de janvier. L’émission antérieure à la création de Dig It! diffusait la playlist des rédacteurs, et comptabilisait, en plus des écoutes en direct, un millier de téléchargements du podcast sur le site internet du fanzine. Grâce au streaming, Gildas pouvait constater que Dig It! dénombrait des auditeurs du Canada jusqu’au Mexique.

Dig It! 76 : le dernier numéro du fanzine.

En 2020, l’épopée du fanzine touche à sa fin, mais tout au long de sa traversée, Dig It! sera resté fidèle à la gageure de son titre, comme un mantra : une injonction à creuser, à comprendre et à apprécier des sonorités non formatées. Hors des sentiers battus, Dig It! perdure dans les mémoires et dans les notes irrévérencieuses des disques qu’il a tenu à honorer.

Lors de leur réouverture, Les Musicophages organiseront une exposition sur Dig It! afin de valoriser le fanzine auprès du public.

Site internet de Dig It! : http://digitfanzine.chez.com/digit.html

Pour écouter les anciennes émissions : http://digitradio.unblog.fr/

Cocteau Twins, démiurges de l’introspection

Cocteau Twins, groupe phare de 4AD, bouleverse le monde de la musique en influençant la dream pop et le shoegaze. Le dyptique Tiny Dynamine/Echoes In A Shallow Bay constitue un cheminement dans leur discographie vers une texture ultra vaporeuse.

Les musiciens grandissent à Grangemouth, une ville ouvrière d’Ecosse. Fascinés par le punk, Elizabeth Frazer et Robin Guthrie se rencontrent dans une discothèque où le futur guitariste passe ses disques préférés. Ils deviennent amants puis fondent le groupe en 1979. Lors d’un concert de The Birthday Party, ils font connaissance avec le batteur qui leur donne l’adresse de 4AD. Ils envoient des démos à Ivo Watts Russel qui les invite à Londres pour jouer et, sidéré par la voix de soprano de Liz, il signe les Cocteau Twins qui deviennent la coqueluche du label.

« Tiny Dynamine »

En 1982, avec l’album Garlands, le public découvre une formation à la signature inimitable. Ce premier opus naît au moment où la scène gothique se forme avec le club The Batcave à Londres mais la proximité avec le mouvement est minime, tant les sonorités créées par Cocteau Twins sortent de l’ordinaire. Le groupe évolue vite et dans ses expérimentations soniques, il s’avèrera constamment précurseur. Leur musique introspective donne naissance à la dream pop et l’ethereal wave qui seront popularisées par le collectif de 4AD This Mortal Coil dans lequel ils jouent.

« Echoes In A Shallow Bay »

Les boucles chaotiques des instruments et le chant tribal de Garlands se muent en nappes atmosphériques préfigurant le shoegaze en 1983 grâce au morceau « Musette and Drums » sur Head Over Heels, où Robin se sert de la saturation afin de dissumuler ses lacunes à la guitare, sans penser un instant qu’il donnera naissance à un genre inédit. Elizabeth, considérée comme l’une des plus belles voix du monde, chante en glossolalies, inventant une langue à l’onirisme mystérieux. Après le départ du bassiste Will Hegie, Simon Raymonde rejoint la bande à partir de 1984 pour l’album Treasure et restera dans le groupe jusqu’à sa dissolution. Les Cocteau sont très prolixes pendant les années 80 et sortiront des albums presque tous les ans. Tiny Dynamine et Echoes In A Shallow Bay sont deux EP transitionnels dans la carrière des musiciens.

EP « Love’s Easy Tears » 1986

Le 1er novembre 1985 sortent ces EP miroirs, à écouter l’un à la suite de l’autre et à considérer comme les morceaux d’un seul album. En plus d’être dévoilés simultanément, ils possèdent un artwork similaire, telles deux pièces d’un puzzle. Tiny Dynamine et Echoes In A Shallow Bay sont issus d’une même session d’enregistrement au Guerilla Studio à Londres, et le diptyque est réuni dans un disque le 15 novembre de la même année. Les EP de Cocteau Twins font souvent office de transition entre les albums et ceux-ci n’échappent pas à la règle, à la croisée de Treasure, adoubé par le public, et de Victorialand, s’insinuant dans une texture ambient, abolissant la frontière entre couplet et refrain. Tiny Dynamine / Echoes In A Shallow Bay est une plongée dans des nappes encore plus planantes qu’à l’accoutumée, sillonnant un terrain psychédélique comme embrumé par la fumée de cigarette. L’instrumental « Ribbed And Veined » poussant l’auditeur aux confins de l’onirisme, pourrait figurer dans la B.O de Twin Peaks. Le chant d’Elizabeth, excellant dans les trilles sur « Melonella » et les choeurs polyphoniques de « Sultitan Itan » – spécialité qu’elle déploie depuis Head Over Heels – regorge d’une maîtrise, d’une originalité si époustouflantes que l’oreille ne peut s’y habituer. La musique de Cocteau Twins met à mal l’entendement, conjure toute exégèse pour s’en remettre à une émotion brute, pure qui ne peut que laisser pantois.

« The Moon And The Melodies »

En 1986, le groupe collabore avec le pianiste ambient Harold Budd sur l’opus The Moon And The Melodies. Ils signent avec Capitol en 1988 pour distribuer leurs disques en Amérique et ils quittent 4AD en 1990 après avoir sorti Heaven Or Las Vegas. Ils composeront deux albums plus pop au cours des années 90 qui n’accèdent pas à la consécration escomptée. La relation de Robin et Elizabeth s’achève, le groupe splitte. Au sortir d’une aventure si intense, ils ne se reformeront jamais mais poursuivent la musique chacun de leur côté. Liz a acquis une renommée mondiale en chantant pour Massive Attack, Simon fonde le label Bella Union et produisent de nombreux artistes tels que Beach House et Explosions in the Sky.

« Blue Bell Knoll », 1988

This Mortal Coil, le supergroupe de 4AD

This Mortal Coil est un projet regroupant les artistes les plus talentueux de chez 4AD. En 1984, leur album It’ll End In Tears contribue à l’émergence d’un nouveau genre : la dream pop.

Ivo Watts Russel nourrissait le désir de réaliser un medley de deux chansons de Modern English, « Sixteen Days » et « Gathering Dust », mais après avoir soumis l’idée au groupe, le chanteur Robbie Grey refuse. Ivo suggère alors aux musiciens de 4AD d’enregistrer les deux titres, désireux de produire un album avec des reprises de chansons des années 60 et 70 l’ayant influencé. Parmi elles, figure le chanteur Tim Buckley dont Elizabeth Fraser reprend « Song To The Siren » sur le 45 tours du même nom en 1983, qui reste en tête des charts britanniques pendant 101 semaines. Le succès est tel qu’Ivo décide de prolonger l’expérience sur un long format.

Vinyle de « It’ll End In Tears »

C’est ainsi que naît le supergroupe This Mortal Coil, invitant un florilège d’artistes de renom issus de 4AD tels que les Cocteau Twins, Dead Can Dance, Modern English, Xmal Deutschland, Wolfgang Press ou encore Colourbox à créer une musique contemplative au possible, qui emprunterait à la puissance du rock mais en lui donnant une autre teinte, beaucoup plus brumeuse. Sous la houlette du producteur John Fryer, tout ce beau monde enregistre It’ll End In Tears en 1984.

Au catalogue, deux titres de Big Star, sont réinterprétés par de prestigieux chanteurs qui ne font pas partie de l’écurie : il s’agit de Gordon Sharp (Cindytalk) sur « Kangaroo » et Howard Devoto (Buzzcocks, Magazine) sur « Holocaust ». Leurs voix graves, soutenues par le violoncelle et le piano métamorphosent les morceaux folk en plaintes lancinantes qui rendent justice à la mélancolie s’échappant des paroles. Pour parvenir à ce résultat lors des enregistrements, Ivo emporte avec lui une cassette des titres originaux afin de capter ce qui le séduit tant dans ces chansons, pour ensuite le transmettre à ses artistes qui les dynamitent dans une atmosphère contemplative. Malgré une majorité de reprises, It’ll End In Tears révèle deux inédits de Dead Can Dance, « Waves Become Wings » et « Dreams Made Flesh » ainsi qu’un titre instrumental, « Fyt », où The Wolfgang Press et Colourbox créent une mélodie qui confère à l’ambient avec les synthétiseurs.

This Mortal Coil est sans conteste le projet le plus audacieux d’Ivo car It’ll End In Tears défriche des sonorités n’ayant pas encore été exploitées en 1984, et qui vont contribuer à l’émergence de la « dream pop », genre immergeant l’auditeur dans des nappes d’instruments éthérés superposées à des voix oniriques. Sublime, le résultat emporte l’auditeur vers le paroxysme qui lui est promis à l’écoute du disque. À la fin, nous pleurons de cette beauté si incandescente, si sombre, dans laquelle nous précipite This Mortal Coil.

A l’Est, il y a du nouveau (une introduction à la scène musicale tchèque)

Episode 1 : Market

Le hasard des rencontres et des voyages m’a amené à faire plusieurs séjours à Prague ces dernières années. J’y ai croisé des expositions, des lieux, des personnes, des points de vue, de la beauté, des pavés, des tramways…et puis quelques concerts, forcément. Au fur et à mesure, j’ai découvert le bouillonnement de cette ville pleine de ressources (..et de collines dont les sommets régalent les yeux, mais ce n’est pas le sujet). Je suis rentrée avec des souvenirs plein la tête et l’envie profonde de parler de tout cela : il se passe des choses sur la scène musicale de ce petit pays au centre de l’Europe et il est grand temps que nous allions y tendre une oreille ! Je suis donc allée à la rencontre de musicien-ne-s tchèques afin d’en savoir plus là-dessus.

Cette fois-là le rendez-vous était pris, dans un bar animé du quartier de Vinohrady, avec deux membres du groupe Market, première formation de cette série d’articles…

-Est-ce que vous pouvez présenter rapidement le groupe (ses membres etc) ?

Jakub : Alors il y a moi, Jakub, je joue de la guitare et des claviers, Market c’est aussi lui (montrant son acolyte en face de lui), Pavel, il s’occupe des synthés et euh…

Pavel : …des samples

Jakub : Oui..après on a Andřé qui est le bassiste puis Marek qui est le batteur et Šimon qui est au chant et à la guitare…et voilà notre joyeuse bande !

-Depuis quand jouez-vous ensemble ?

Pavel : Je pense qu’on a officiellement créé le groupe en septembre…2017 et on a fait notre premier concert en février 2018. donc oui ça fait à peu près deux ans. Aussi, en mai dernier, on a sorti notre premier album Art Star et puis..

Jakub : ..on a fait quelques dates depuis et c’est tout !

Pavel : Oui, on a juste sorti un single et je pense que c’est tout !

-Quelles sont vos inspirations (pas forcément musicales) pour créer vos morceaux ?

Pavel : Je pense que c’est très varié…et je crois que je peux aussi parler au nom de Šimon avec qui je compose les morceaux, parce que c’est pareil pour lui : on écoute vraiment beaucoup de styles différents. C’est vraiment ça, on ne s’est jamais dit « notre musique devrait sonner comme tel groupe » ou « on va faire de l’électro ou autre ». Non, la phase de composition s’est toujours déroulée naturellement. Donc je dirais que ce qui nous inspire c’est la musique, de manière générale.

Jakub : Je ne pense pas qu’il y ait un seul genre musical que l’on n’écoute pas…

Pavel :…à part la country

Jakub : J’aime la country ! J’ai acheté un album de country samedi dernier (on avait trop bu)…

Pavel : Je sais ! Je disais ça pour rire ! En fait un seul genre que je ne pourrais vraiment pas qualifier d’influence c’est le reggaeton mais à part ça…

-Comment vous composez vos chansons du coup ? Est-ce que vous avez un schéma qui revient régulièrement par exemple ?

Pavel : Pas vraiment..mais je dirai qu’en général c’est moitié moitié entre Šimon et moi. Par exemple je commence à composer une partie de l’instru et je l’envoie à Šimon qui va écrire les paroles et, à partir de là, on va faire des allers-retours. Après on va peut-être proposer une démo aux autres qu’on va retravailler tous ensemble.

Jakub : Après on ne va pas leur dire « non, ça c’est nul, on recommence » ! (rires) Juste se réapproprier nos parties pour que ça sonne plus juste pour nous.

Pavel : Mais c’est pas vraiment un processus précis et non modifiable, c’est très variable.

© Bára Gadlinová

-Comment vous présenteriez la scène musicale pragoise à quelqu’un qui y est complètement étranger à cela ?

Jakub : Tout d’abord, il faut dire que c’est de mieux en mieux et de plus en plus développé d’année en année. Chaque année il y a de nouveaux groupes qui sont meilleurs que les précédents. Je me souviens quand j’avais 21 ou 22 ans, il n’y avait pas vraiment de musiques d’ici que j’aimais écouter mais maintenant, de nouveaux projets qui apparaissent régulièrement. Donc, oui, ça devient de plus en plus intéressant… Tu as pas mal de formations qui font du rock à guitares mais aussi des producteurs d’électro, de techno et de dance, beaucoup de DJs avec des styles très différents…beaucoup de nouveaux clubs qui ouvrent aussi.

Si je devais présenter cette scène à quelqu’un qui ne connait pas du tout Prague, je lui conseillerai juste d’aller se balader dans différents clubs et salles de concerts qui proposent différents styles de musique.

Pavel : En même temps je ne pense pas que Prague est une ville avec une seule facette, avec une chanson/un groupe/genre musical très identifié-e et qui pourrait la représenter. Ce n’est pas comme Berlin par exemple.

Jakub : Je dis toujours que Prague est un melting pot musical. Les gens vont aller visiter Berlin, Amsterdam ou Londres (toutes ces villes qui brassent plus de monde, qui ont des scènes plus développées) et s’en inspirer. Du coup, ici il y a plein de courants musicaux différents mais rien n’est « au top » si je puis dire… par contre ça devient de mieux en mieux au fur et à mesure que le temps passe.

Pavel : Peut-être que la techno est au-dessus quand même, on a une très bonne scène techno ici et je ne parle pas seulement de Prague mais un peu partout dans le pays, notamment à Brno par exemple…mais on doit encore trouver notre place dans le paysage international, on n’a pas vraiment de style précis qui pourrait marquer l’identité de la ville…

Jakub : ..Mais c’est bien pour toi par exemple, comme ça tu peux découvrir des artistes qui jouent des morceaux issus de courants très différents tout en restant dans la même ville !

-Et du coup comment vous vous sentez au sein de cette scène ?

Jakub : Je ne crois pas qu’on ait vraiment une place précise. Certaines personnes disent qu’on fait partie de la scène rock et, c’est pas contre eux, mais j’ai l’impression que c’est juste pour mettre une étiquette sur ce qu’on fait alors que notre musique est un mélange de différents genres. Oui, on joue avec des guitares mais on ne peut pas nous résumer à cela. Ça nous ramène à la question précédente en fait : je pense que la scène musicale pragoise est très variée et tou-te-s les musicien-ne-s se rencontrent. C’est un petit monde… et je ne crois pas qu’on ait une place spéciale.

Pavel : Je ne pense pas non plus… au début, pas mal de gens nous ont classés dans la grande famille, un peu vague, de l’indé…mais en même temps on ne peut pas reprocher ça au gens. Quand on écoute une chanson, on va juste, instinctivement la relier à ce que font d’autres artistes que l’on connait.

Jakub : Voilà…mais en même temps on ne se préoccupe pas trop de tout cela. C’est cool si les gens écoutent notre musique, viennent nous voir en concert etc… mais on ne se soucie pas vraiment de savoir si on rentre bien dans des cases précises.

-Quelles sont les meilleurs endroits pour écouter/découvrir des musiques à Prague ?

Pavel : Je dirai le Fuchs2, qui a ouvert il y a environ un an, Underdogs qui est…

Jakub : …Underdogs est un endroit plus underground qui accueille plusieurs styles de musique de la pop comme du hardcore ou encore de l’électro bien sûr. C’est un vieux sous-sol (d’où le nom !) …et c’est vraiment une bonne salle !

Après cela dépend du style de musique que tu veux aller voir évidemment. Il y a aussi les grosses salles comme le Roxy.

Pavel : Il y a aussi des endroits comme Forum Karlin…qui n’accueillent pas que des concerts, ils font aussi office de théâtre etc

Jakub : 007 aussi ! C’est un peu comme Underdogs… sauf que ça existe depuis quelque chose comme trente ou quarante ans (en réalité le club vient de fêter ses cinquante ans), c’est assez mythique.

Pavel : Sous le régime communiste, c’était l’un des rares endroits (voire le seul) où l’on pouvait voir jouer des groupes de rock du bloc de l’Ouest.

Jakub : On peut aussi trouver de très bons clubs en dehors de Prague, dans d’autres villes, comme à Brno…Ah et Café v Lese est sympa aussi !

Et pour finir, est-ce que vous avez des projets pour les mois à venir ?

(Ils hésitent, se concertent)

Jakub : Bon…on travaille sur de nouveaux morceaux mais on ne peut pas vraiment en dire plus pour le moment.

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Modern English, les oubliés de 4AD

Modern English

Modern English a connu un bref succès au début des années 80 avant d’être délaissé par le public et la critique. Premier album coup de poing, Mesh & Lace révèle un post-punk fiévreux ciselé par des synthétiseurs chaotiques.

Passionnés par la culture punk et inspirés par Joy Division ou The Wire, les anglais fondent The Lepers en 1979 avant de se rebaptiser Modern English, suite à l’ajout d’un synthétiseur dans leurs compositions. Repérés par le journaliste et animateur de radio John Peel , ils entament une tournée dans le pays, envoient une démo à Ivo, et figurent parmi les premiers groupes à avoir signé chez 4AD.

Vinyle de »Mesh & Lace »

En 1980, ils sortent les singles « Gathering Dust », « Swans Of Glass » et « Smiles & Laughter » avant de se lancer dans la réalisation de Mesh & Lace. Ce sont les cendres du punk et la désillusion d’une Angleterre ultra-libérale qui amènent la bande de l’Essex à écrire les chansons caustiques de ce premier opus paru en 1981, martelées par des riffs et une voix pugnace sur lesquelles le synthétiseur laisse planer des ondes menaçantes. Modern English enregistre deux autres albums produits par Hugh Jones qui n’auront pas le retentissement escompté, mais le single « I Melt With You » connaît un vif succès aux États-Unis.

Le groupe quitte 4AD en 1984 et se tourne vers une production américaine avec Sire Records, l’essentiel de son public réside désormais dans le pays de l’Oncle Sam. Leur musique prend un tournant plus pop mais son public la juge trop édulcorée. Modern English ne parviendra pas à convaincre de nouveaux auditeurs et sombre dans l’oubli au cours des années 90, malgré la sortie de quelques disques qui passent inaperçus.

Ivo Watts-Russel tient Modern English pour une des formations les plus sous-estimées du label et est resté en très bon terme avec ses membres bien après leur départ de 4AD.

Albums sortis chez 4AD:

1981 Mesh & Lace

1982 After The Snow

1984 Ricochet Days

Singles et EP chez 4AD:

1980 Swans On Glass

1980 Gathering Dust

1981 Smiles And Laughter

1982 Life In The Gladhouse

1982 I Melt With You

1983 Someone’s Calling

1984 Chapter 12

Renarde – Etre là ce n’est rien

Les Toulousains de Renarde sont de retour avec un nouveau clip illustrant leur morceau Etre là ce n’est rien ! Une vidéo réalisée par Electric Animals et sortie il y a quelques jours…


Tourné à la chapelle YMA de Mézin (47) en juin dernier, le clip nous plonge dans une succession de jeux d’ombres, de flous et lumières, d’images saccadées et hallucinées…

Nous atterrissons dans une fête où se mêlent plaisanteries des convives, disputes tardives et lâchés de confettis. Oui, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a de l’animation en arrière plan…cependant tout cela ne semble pas attirer le personnage principal qui, lui, a l’air de rester impassible, étranger à tout cela.

C’est en effet ce que racontent les images et les paroles dans ce clip : une situation de décalage entre une personne (en l’occurrence Bruno, le chanteur et principal porteur du projet) et le contexte (l’ambiance, les codes, les gens) qui l’entoure.

Une vidéo en forme de mise en bouche de ce que Renarde a dans les cartons pour les mois à venir…rendez-vous en 2020 pour suivre tout ça !

Retrouvez plus de renseignements sur le groupe en cliquant ici !