Le label révolutionnaire 4AD fête ses 40 ans

Le mythique label 4AD fête ses quarante ans ! Découvrez la folle aventure d’un passionné qui a révolutionné l’histoire de la musique indépendante.

À la fin des années 70 à Londres, les jeunes Ivo Watts Russel et Peter Kent, fervents amateurs de rock, passent leurs journées chez Beggars Banquet, LE label indépendant qui signe les grands noms du punk, et possède son propre disquaire en dessous des locaux. Ils finissent par connaître si bien le catalogue que la maison de disques les embauche à la boutique avant de les faire travailler au sein du label. Chargés d’écouter les démos, ils font preuve de tant d’enthousiasme à l’égard de certains groupes que Beggars Banquet leur suggère de monter leur propre maison de disques, en leur apportant une aide financière. C’est ainsi qu’Axis Records voit le jour en 1979.

Bauhaus est le premier groupe à être signé chez 4AD

Emballés par le rock sombre de Bauhaus, précurseur d’un mouvement gothique qui connnaîtra un franc succès dans les charts britanniques et en Europe, Ivo et Peter signent leur premier groupe en novembre 1980 avec un album devenu culte : In The Flat Field. Au même moment, Axis doit changer de nom car il est déjà emprunté par une autre maison de disques et nos deux fondateurs s’inspireront d’un de leur flyer où est inscrit « 1980 Forward », abrégé en 4AD. Ivo souhaite explorer les sonorités creusées par le rock gothique et la new-wave, or Peter désire signer des groupes moins arty et quitte l’écurie en 1981 pour fonder son label Situation Two. Ivo se retrouve seul aux commandes de la maison mais, se laissant guider par son instinct musical aguerri, il signe au début des années 80 un nombre important de groupes, devenant tous aussi cultes les uns que les autres : les irrévérencieux Nick Cave et Lydia Lunch ou encore les mystiques Dead Can Dance.

« Peppermint Pigs » des Cocteau Twins, 1983.

En 1981, Ivo reçoit une démo qui va changer sa vie et façonnera l’identité sonore du label deux décennies durant : Cocteau Twins. Le guitariste Robin Guthrie se rend chez Beggars Banquet dans l’espoir de rencontrer Ivo en personne, ce qui n’arrive pas. La cassette qu’il laisse tombera pourtant entre les mains du démiurge de 4AD quelques temps plus tard. Intrigué, il convoque le groupe et lorsqu’il entend la voix soprano hors-norme d’Elizabeth, c’est la révélation. Le groupe prolixe sort des albums tous les ans durant les années 80, et développe une signature unique, traduisant l’émotion la plus viscérale qui soit – en raison d’une langue inventée par les paroles chimériques de Frazer et une ambiance organique, introspective au possible – jamais égalée par ses pairs. Cocteau Twins sont les enfants chéris du label mais aussi ses enfants terribles. Malgré le statut prestigieux que leur accorde Ivo, ils se plaindront auprès du label des pochettes réalisées par Vaughan Oliver, et de ne pas être mis plus en avant pour passer à la radio.

Gordon Sharp dédicace ses textes sybillins à Liz Frazer, qui le lui rend bien.

En 1983, Ivo fait la connaissance du graphiste Vaughan Oliver lors d’un concert et l’invite à collaborer avec le label pour réaliser l’artwork de ses pochettes, œuvres d’arts à part entière que s’arrachent les aficionados. 4AD, ce n’est pas seulement une aventure sonique hors du commun, c’est une signature esthétique reconnaissable entre toutes chez un disquaire. Avec le partenariat du vidéaste Nigel Grierson et du designer-calligraphe Chris Bigg, Vaughan Oliver fonde 23 Envelope (ou v23 ), réputé pour cultiver une imagerie adaptée au son d’un groupe, ce qui donne lieu à un art synesthésique, onirique.

La dimension esthétique de 4AD est telle que le label réalise des calendriers.
Magazine consacré à 4AD

Pour célébrer l’anniversaire de 4AD, on ne peut faire l’impasse sur le rôle considérable du producteur John Fryer au sein du label qui a su créer le son dont Ivo rêvait. Il orchestre le son de nombreux artistes tels que Clan Of Xymox ou Xmal Deutschland, mais il est surtout reconnu pour être aux manettes du « supergroupe » initié par Ivo : This Mortal Coil. En 1983, il désire réaliser un medley de deux chansons de Modern English « Sixteen Days » et « Gathering Dust » mais le groupe refuse. Ivo soumettra alors l’idée à plusieurs artistes du label (Cocteau Twins, Colourbox entre autres) d’enregistrer des reprises de ces titres et de morceaux des années 60 et 70 comme « Song To The Siren » de Tim Buckley qui fera un tabac. This Mortal Coil existera le temps de trois albums et contribue à l’émergence de la « dream pop », genre qui fait la part belle aux voix et nappes d’instruments atmosphériques, laissant émerger, dans son sillage, les balbutiements du shoegaze… L’influence du collectif sera telle qu’elle inspirera le label américain Projekt Records à signer une majorité de groupes éthérés.

« It’ll End In Tears » de This Mortal Coil

Au début des années 80, Peter Murphy de Bauhaus donne une cassette avec de mystérieuses voix des pays de l’Est à Ivo qui tombe sous le charme de leur chant : Le Mystère des Voix Bulgares que l’ethnomusicologue Marcel Cellier avait signé sur son label en 1975. Ivo est fasciné par leur mélopée utilisant des quarts de tons considérés comme faux qui insufflent une dimension singulière au chant dont la scène folk – Kate Bush en tête – va s’imprégner. Désireux d’explorer des sonorités peu considérées en Occident, 4AD s’empare de l’exotisme avant-gardiste qu’incarne Le Mystère des Voix Bulgares et ressort le disque en 1986. Le collectif connait un succès retentissant au Etats-Unis comme en Europe de l’Ouest. Il ne fait aucun doute que la mystérieuse chorale est l’une des influences de Lisa Gerrard – qui enregistrera un album avec elle et il est probable que les Cocteau Twins s’en soient inspirés.

« Sunburst And Snowblind » de Cocteau Twins ou l’art d’illustrer des sonorités éthérées

En 1987, le label manque d’argent et cherche désespérément une manne financière qui l’aidera à renflouer ses caisses. Ivo réussit un coup d’éclat qui va remédier à la situation, grâce à la collaboration de deux groupes qu’à priori tout oppose : la musique électronique de Colourbox et le rock alternatif et noise d’A R Kane. De ce duo naît MARRS qui envahira les charts avec le single Pump Up The Volume, précurseur de la musique house et premier hit contenant des samples à entrer dans les tops britanniques. L’enregistrement de ce titre aura été des plus houleux car des dissensions règnent entre les deux groupes sur le plan artistique. Ils refusent de venir en studio en même temps, préférant œuvrer chacun de leur côté, mais au terme de cette aventure les attend un tube qui va enflammer les discothèques aux quatre coins du globe. Le label survient à ses besoins et Pump Up The Volume est le seul titre de house que 4AD ait jamais enregistré, Ivo préférant continuer de déployer les univers musicaux fidèles à ses obsessions.

« Pump Up The Volume » s’est hissé en tête des charts anglais pendant des semaines
Colourbox

Si, dans les années 80, c’est Londres qui domine l’industrie musicale, elle perd son hégémonie au début des années 90 au profit des Etats-Unis. Ivo ouvre alors un bureau de 4AD à Los Angeles. Il déniche des pointures américaines majeures telles que His Name Is Alive et sa dream pop expérimentale ou encore la folk de Red House Painters qui emplit les stades grâce à la figure iconique de Mark Kozelek. Grâce à ces groupes, 4AD entretient la filiation avec les sonorités éthérées qui font sa marque de fabrique auprès des auditeurs du label mais pressentant l’avènement du grunge, il s’aventure vers des sonorités plus dures. Ivo découvre et signe Throwing Muses, The Pixies ou encore The Breeders qui font une entrée fracassante dans les années 90 avec un rock brut, dont le mot d’ordre est la fièvre. Face à l’effervescence de guitares saturées, il créé un sous-label dédiée au rock underground intitulé Guernica qui produira quelques groupes mais ne perdurera pas.

Spooky de Lush. En pleine époque shoegaze, les artworks de v23 se distinguent grâce à leur singulière finesse.

En 1990, les Cocteau Twins signent leur dernier album chez 4AD Heaven Or Las Vegas avant de se séparer de l’écurie. Ivo a évolué en même temps que ses artistes fétiches et leur perte conservera probablement pour lui un goût amer. Cette séparation n’est peut-être pas sans lien avec son départ du label quelques années plus tard. Bien que les Cocteau avaient préfiguré le shoegaze avec « Musette and Drums », en s’exilant aux Etats-Unis, Ivo n’a pas su se saisir de la vague émergeant au Royaume-Uni, composée de My Bloody Valentine, Ride ou Slowdive signés chez Creation Records. Il prend sous son aile Swallow et Heidi Berry –son groupe Felt était signé chez Creation, et les membres de My Bloody Valentine viennent chez 4AD pour fonder Mojave 3, créant ainsi une porosité entre les deux labels mais cela ne suffira pas à orner le label de son blason des débuts. Au milieu des années 90, le monde de la musique évolue grâce aux possibilités technologiques offertes par le logiciel ProTools, la musique électronique supplante peu à peu l’industrie et Ivo, n’ayant jamais juré que par ses goûts, jette l’éponge.

His Name Is Alive,
« Home Is In Your Head » de His Name Is Alive, 1991.

Il revend 4AD à Beggars Banquets en 1999, parvenant difficilement à dénicher des artistes dignes de le faire vibrer, et écœuré par une scène musicale à l’intérieur de laquelle il ne se reconnaît plus, il abandonne l’aventure et part vivre dans le désert du Nouveau-Mexique. Le départ de la figure légendaire d’Ivo opèrera un tournant pour le label qui, à l’aube du vingt-et-unième siècle, ne pourra égaler la révolution musicale accomplie dans les 80’s et les 90’s.

Néanmoins, 4AD existe toujours aujourd’hui et produit des musiciens éclectiques, comme Bon Iver, Daughter, ou encore Holly Herndon qui compose avec une intelligence artificielle. En quarante ans d’existence, l’écurie a toujours su rester audacieuse en respectant sa gageure en matière d’excellence. Elle reste, aujourd’hui encore, un modèle pour de nombreux labels indépendants. C’est pourquoi dans les prochaines semaines seront publiées des chroniques des artistes emblématiques de 4AD.

Vidéos réalisées pour la compilation « Lonely Is An Eyesore » en 1987

https://4ad.com/

Le kaléidoscope de BBC 6 Radio Music

Aujourd’hui, Les Musicophages vous emmènent à la découverte de la BBC 6 Radio Music, une antenne de la BBC valorisant les groupes signés par des labels indépendants, tous genres confondus.

La station de radio lancée en 2002 par la BBC est accessible sur les médias numériques et représente une mine pour tous les amoureux de musique alternative. L’atout de BBC 6 Radio Music, c’est qu’elle ne se circonscrit pas dans un style particulier, mais étend au contraire le champ des possibles à tous les courants musicaux : rock classique et indie, punk, jazz, funk, hip-hop, electro ou encore trip-hop. Ses programmations diffèrent de celles qui sont diffusées sur BBC Radio 1 et BBC Radio 2 et embrassent la période des années 60 à nos jours. Ce panorama combine des enregistrements anciens issus des archives de la BBC aux sorties du moment, dès lors que les groupes s’émancipent de la spirale mainstream qui englobe la majorité des radios, et leur préfère des labels indépendants tels que 4AD ou Bella Union.

L’autre particularité de la BBC 6 Radio Music, c’est de proposer des émissions thématiques avec un angle original pour satisfaire les passionnés. En ce moment, c’est la santé mentale qui est à l’honneur à la radio avec un cycle intitulé « Music to calm the mind ». La station a demandé à quelques-uns de ses artistes fétiches tels que John Grant ou Jungle quelle musique a le pouvoir d’apaiser nos esprits. Des réponses très variées fusent et recommandent Chopin ou Brian Eno. Et vous, quels sont les artistes qui calment votre anxiété ?

D’autre part, les animateurs de BBC 6 sont considérés comme des experts dans leur domaine musical de prédilection et c’est pourquoi vous pouvez écouter une émission hebdomadaire animée par Iggy Pop intitulée « Iggy Confidential » qui fait la part belle aux trésors cachés du rock. La radio est active sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook et YouTube où elle diffuse des entretiens en vidéo et des live. Délectez-vous des derniers morceaux grâce à la playlist qui, cette semaine, vous fait découvrir les albums de The National, Foals ou encore Courtney Barnett.

Smell like Schoos spirit

Benjamin Schoos, prononcez « skoz » est l’héritier de Christophe, un romantique quittant cette fois la parole pour mettre en avant sa musique.  Le dandy crooner compose pour beaucoup d’autres que je ne citerai pas et dirige le label Freaksville record  découvrant de fabuleux artistes que je cite volontiers : Clémentine March avec son ep:

Les étoiles à ma porte by Clémentine March

Le très prolifique Benjamin Schoos nous offre son 15 ème album studio mais cette fois, c’est une compilation de ses plus belles pépites instrumentales avec des inédits dedans. Ces 15 trésors sonores ont été composés entre 2011 et 2018 et sont très savamment compilés sur le bien nommé « Quand la nuit tombe sur l’orchestre ».

L’orchestre ici, c’est lui et ses claviers seventies, la nuit elle, tombe et l’inspiration monte, la parole s’éteint (enfin…) et les thèmes s’illuminent pour nous investir émotionnellement.

Le compositeur belge est un véritable artiste touche à tout, qui a façonné un parcours aux multiples facettes tout en sachant renouveler la chanson francophone. Comme par exemple dès 2014 en duo avec notre chère Laetitia Sadier, la chanteuse de feu Stereolab:

Malheureusement, il n’y a pas encore de liens pour son prochain disque afin d’illustrer cette chronique. C’est donc un disque muet à l’image de l’article et du bonhomme : une espèce de carte postale vintage sans rien de désuet où se croisent Jean-Jacques Perrey, François de Roubaix et Sébastien Tellier.

Le disque sortira évidemment sur son label Freaksville Music le 12 octobre 2018, car autrefois c’est maintenant et hier c’est demain.

François LLORENS

Alberto Montero revêt sa plus belle pop de chambre

Le troubadour espagnol s’affranchit du song-writing traditionnel avec un album de la maturité on ne peut plus harmonieux et au parti pris orchestral accessible à tous.

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Les groupes indie espagnols traversent difficilement les Pyrénées.  Étant allé personnellement plusieurs fois à deux des grandes messes espagnoles que sont le FIB et le Low Festival , je ne suis jamais tombé de l’armoire avec la « pop » de la péninsule. Mise à part le concert de dingue de ZA! (des potes à Alberto d’ailleurs) en septembre 17 au détonnant festival Baignade Interdite  à Rivière dans le Tarn, je ne suis resté accroché qu’aux disques des cadors des nineties : Los planetas et Migala.

Après avoir fait ses gammes en groupe, Alberto Montero part s’installer à Barcelone et commence une carrière solo en marge de la production très popy espagnole. Dès 2008 il sort un premier disque où il joue à peu prés tous les instruments en chantant en anglais sur des compositions folk-rock. Pour son deuxième disque en 2011, Claroscuro, il chante cette fois dans la langue de Cervantes et ses compositions prennent une tournure plus romantiques.

Pour la petite histoire, c’est grâce à la programmation de l’improbable lieu le garage secret dans le quartier des Minimes toulousain, que j’ai pu découvrir l’année dernière Alberto Montero en première partie de Eloise Decazes & Eric Chenaux. Le Piers Faccini ibérique joua en solo avec sa guitare classique et interpréta des chansons mélancoliques sans être dramatiques. Sa prestation me laissa scotché et imperméable au duo qui suivi. Je lui ai acheté son disque Arco mediterraneo (2015) qui devint par la suite mon disque de chevet. A la première écoute, je m’aperçus qu’il  manquait deux titres exceptionnels qui étaient restés gravés dans ma mémoire depuis le concert : Hoy ayer et En el Camino  issu de Puerto Principe (2013) que j’ai pu retrouver heureusement sur son bandcamp.

Les deux titres ici unplugged plus quelques autres :

Les deux précédents LP sont selon moi et avec un enthousiasme pas très feint, proches de la quintessence du genre classical-folk. Les compositions sont habillées avec grâce par un quatuor à cordes, le timbre de voix angélique d’Alberto et sa technique de chant pro-lyrique auréole son œuvre de bout en bout. Ce sont deux  disques aux mélodies radicalement chantantes que nous attendions tous de Brian Wilson et Alberto Montero nous les a offert.

Depuis 2016 et jusque l’enregistrement en été 2017, le compositeur et tous les musiciens qui l’entourent pour son dernier projet ont empilé pierre après pierre afin de construire cette cathédrale.  Alberto continue d’expérimenter avec beaucoup de cohérence l’harmonie et le contrepoint. Son processus de création nous amène aujourd’hui, à l’écoute de La catedral sumergida, un disque plus intime  qui invite à  nous recueillir. Le valencien, catalan d’adoption,  s’éloigne de manière surprenante du song-writing pour se rapprocher d’une pop de chambre. Sa cathédrale nous submerge par des thèmes de piano à la Debussy, d’introductions au violoncelle oniriques et donne ainsi la part belles aux cordes et donc moins qu’à la guitare/chant comme auparavant.

Ce nouveau disque est peut-être le moins calibré pop, le plus conceptuel mais les compositions sont toujours aussi subjuguantes. Alberto Montero a, comme quelques-uns, trop de talent pour être célèbre. Son chef d’œuvre est distribué depuis le 6 avril 2018 par BCstore.

François LLORENS

Grand Veymont atteint des sommets

Objet disque (Perio, Mocke, etc.) nous gratte-hifi  une fois de plus d’un EP qui porte bien son nom : Route du vertige.  Sorti le 18 février dernier, ces 4 titres aériens nous sont insufflés par un duo d’explorateurs de splendeurs : Béatrice et Jossselin aka Grand Veymont.

L’ascension de Grand Veymont, le plus haut sommet du Vercors (sic) ne dure que 45 minutes (le disque) mais cela suffit pour vite rentrer dans une transe synthétique. L’écoute s’apparente à une randonnée à travers les grands espaces pop , un saut avec ou sans élastique dans le Vert-Kraut, prendre de la hauteur enfin, sur des cimes analogiques. Au sommet, je déchausse le casque et continu d’être pris d’une extase cotonneuse jusque tard.

L’indiscutable héritage de Broadcast et de Stereolab est omniprésent pour les vétérans mais la référence passée, Route du Vertige  se trouve être unique et d’une très grande élégance. Entre le chant et la narration en français, Béatrice nous livre ses psaumes de façon habitée ce qui installe tout du long une atmosphère onirique, propice à la contemplation.

Grand Veymont

Les claviers vintages maîtrisés et une belle production confère à ce disque somptueux une aura qui saura dépasser je l’espère l’entre soi des diggers.

François LLORENS

Beat K enchante les désenchantés

Cela fait déjà deux ans depuis leur single Home que  Beat K se fait attendre, l’album  sort chez les italiens de Riff Records le 23 février 2018.

Ce duo d’anonymes, Paul et Ringo 😉 nous ont donc mis l’eau à la bouche avec leur drumming ethnic, leurs claviers colorés et leur voix douce fluidifiant le tout. Ils sortent enfin de manière éponyme Beat K un disque élégant,  sans colères et tout en retenue, un travail d’arrangements pointus et de samples calibrés.

Les tambours ethniques de Baden Baden s’adressent d’abord au corps puis à l’âme avec ses nappes rappelant un des thèmes de Twin Peaks. Cha CHa Cha sonne les cloches d’une réminiscence electropop 90′. A new spring, deuxième bijou du LP, installe une atmosphère envoûtante, sorte de transe synthétique nous plongeant dans une mélancolie contemporaine. Yellow, avatar de Yellow Submarine, clin d’œil aux petits gars de Liverpool est résolument moderne. Salt Lake City, pop song cotonneuse apaise toutes pulsions. Teen, avec cette fois une invitée chantant sur une ballade mœlleuse entre le conte de fée et la mythologie dionysiaque. Bianca clôt (nos yeux) parfaitement l’album, un titre très confortable de piano solo teinté d’ambiant.

Le premier LP de Beat K permet de finir l’hiver, à écouter sous la couette ou dans les transports. Home nous plonge dans de l’électronica unplugged qui évoque à merveille le spleen urbain de notre époque.

François LLORENS

Attention SFYM est Superorgasmique !!

Superorgnaism Domino

Mais qui sont-ils ?

C’est déjà une bande de potes, un bigband de hipsters de différents horizons. Ils sont sept à vivre en collocation à l’est de Londres et le huitième en Nouvelle Angleterre (USA). Ce dernier reçoit les démos via Facebook et les mixe sur Garageband. SFYM s’est donc totalement construit en ligne !

Il n’empêche qu’ils ont signé chez Domino et qu’ils seront aux Transmusicales de Rennes le 6 décembre.

Pas besoin de superorganes pour que SFYM devienne addictif…

(Pour les fans de Moldy Peaches, Toro y moi et MIA)

Julien Baker, en RDV…

Julien Baker Under the radar

Nouveau titre de Julien Baker. La jeune fille a la voix si tendre et émotionnelle, née à Memphis en 1995 continue sa progression vers un public de plus en plus large avec un nouveau titre sorti chez Matador il y a quelques jours « Appointments ». Son premier album, Sprained Ankle sorti en 2015 avait recueilli tous les suffrages et le coeur des indie music lovers.

 

Sharon Van Etten et Michael Cera, Do It Yourself…

Sharon Van Etten

Sharon Van Etten et Michael Cera se sont rencontrés dans un bar de nuit,  elle lui a proposé  de partager son studio de répétition et la collaboration est née naturellement. Si Sharon Van Etten est plus connue des français pour avoir sorti 4 albums dont le célèbre « Tramp » en 2012 et aussi avoir tourné dans la série Netflix « The OA », le canadien Michael Cera ne dira pas tout de suite quelque chose aux personnes qui écoutent de la musique puisqu’il a surtout été remarqué comme acteur dans des séries comme Juno ou Arrested Development.

C’est pour le documentaire Dina à sortir le 6 Octobre prochain (http://dina.film/) qui raconte l’histoire d’amour de Dina Buro, et de son fiancé Scott Lévin que les deux ont travaillé ensemble pour livrer un titre enregistré dans le studio de répétition avec un synthé Roland Jupiter 4 et une boite à rythme. Le résultat ravira les afficionados de la musique faite à la maison et les fans de Sharon Van Etten.

VL « L’amour me travaille quand la haine prend le relais »

Vous avez peut-être déjà vu le nom de Valery Lorenzo au bas des photos de Dominique A, de Sylvain Chauveau ou d’insectes en groupe, mais vous avez peut-être moins entendu parlé de lui en tant que musicien, écrivant des textes à la sensibilité ténue et discrète.  Aujourd’hui VL vient de sortir un nouveau titre qui tourne en boucle chez nous depuis ce matin « L’amour me travaille quand la haine prend le relais ». C’est beau tout simplement et on ne pense à rien d’autre. Son minimalisme nous porte.