Tomberlin – Pépite folk venue de l’Ouest

Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose ici, nous même nous ne l’avons découverte en mai dernier, lors de la dernière édition du festival This Is Not a Love Song, mais cette jeune américaine n’en demeure pas moins pleine de promesses…

De son nom complet Sara Beth Tomberlin, la jeune musicienne a débarqué il y a à peine plus d’un an avec son premier album intitulé At Weddings. Un opus tout en douceur qui nous ouvre pourtant la porte vers un monde  que la chanteuse a construit avec une voix puissante comme base.

A Nîmes, alors que nous faisions, pour la première fois, connaissance avec sa musique, la chanteuse avait réussi à remplir la salle du Club avec, pour seuls supports, sa guitare et un musicien qui l’accompagnait (tantôt au clavier, tantôt à la guitare). Il faut  bien l’avouer, cela n’était pas donné à tout le monde ! En effet, étant donné que le festival avait fait le choix de programmer plusieurs groupes/artistes sur les mêmes créneaux horaires, le flux des entrées et sorties était continu, le public allant et venant dans les différents lieux de concerts sans grande discrétion.

Cela n’a, pour autant, pas empêché Tomberlin de créer une vraie ambiance apaisante afin de nous faire vivre un instant hors du temps…

Si la voix prédomine dans la musique de cette artiste ce n’est pas pour rien. Élevée dans un milieu très religieux, elle a commencé par chanter à l’église avant de s’en éloigner afin de faire vivre ses propres compositions. Reste que l’Américaine chante aujourd’hui avec beaucoup de justesse et une précision rare, ce qui donne une voix nous rappelant naturellement les chants religieux.

Outre la voix, Sara Beth s’accompagne, dans la plupart de ses morceaux, essentiellement de sa seule guitare sur laquelle elle joue des motifs plutôt simples mais efficaces, chers à la musique folk. C’est ce qui est le plus appréciable dans sa musique : tout y est en finesse, il n’y a rien en trop. Ajoutez à cela un équilibre parfait entre puissance, justesse et sincérité et vous obtiendrez une recette dont il ne faut pas passer à côté !

Tomberlin a grandi et élaboré son album dans un certain isolement et cela se ressent quelque peu dans sa musique, à travers ses morceaux intimistes, comme suspendus. L’univers de la jeune artiste semble également difficile à saisir dans son entièreté mais nul doute qu’elle en a encore sous le pied et qu’elle continuera de nous en dévoiler ses différentes facettes via ses prochaines créations…

Plus de renseignements sur l’artiste ici ou !

Parlana part III / Interview

parlana interview

Notre chroniqueur Omar Wild, termine son reportage avec une interview du créateur de Parlana :

Trois questions à Jody Vagnoni, créateur de Parlana.

Tu es Italien, comment as-tu eu l’idée de créer un événement tel que Parlana en Bolivie ?
J’ai vécu et voyagé dans plusieurs parties du monde, et à chaque fois je cherchais à rencontrer les habitants du pays, car je savais que ma perception du pays, en tant qu’étranger, était limitée.
Je trouvais ce lien très fort entre un étranger et les locaux, car l’étranger peut changer son point de vue sur la culture du pays, et les locaux peuvent comprendre les questionnements de l’étranger.
J’appelle ce lien une « co-construction »… Puis j’ai atterri en Bolivie en tant que volontaire, et j’ai connu beaucoup d’autres voyageurs qui cherchaient à communiquer. j’ai alors créé une réunion, comme un café linguistique en Europe, mais je voulais lui donner un nom original en Quechua, la langue locale. « Parlana » veut dire « parlons », sa sonorité est compréhensible par tout le monde. Cela a commencé tout petit, mais ça a très vite grandi car je ne voulais pas limiter l’événement au simple échange linguistique; il y a beaucoup de belles choses cachées en Bolivie, je voulais que l’événement devienne une occasion de découverte de la culture… C’est devenu une grosse gestion qui jongle entre sortie culturelle, et teuf! J’aime cette ambivalence entre le fait de se cultiver, et se détruire. En Bolivie aucun rendez-vous, même religieux ou autochtone, ne peut finir sans fête et sans destruction, fête et boisson.

Le tourisme de masse est très récent en Bolivie, avec des bons et des mauvais effets. Qu’en penses-tu ?
La Bolivie a un énorme avantage avec ses territoires que tout le monde connaît et ceux qui sont inconnus. Ce qui est connu c’est une sorte de zone de confort, La Paz, Salar de Uyuni, le Lac Titicaca. Très peu de voyageurs vont dans les villages et les vallées. La plupart sont juste de passage et veulent enchaîner les pays d’Amérique Latine. Mais ce qu’on ne mentionne pas, c’est l’impact que ce pays a sur les voyageurs étrangers. La plupart viennent ici avec de petites attentes et repartent en ayant vécu une expérience bien plus riche que celle vécue dans d’autres pays. Ici on peut pratiquer un tourisme alternatif de bonne qualité car rien n’est encore systématisé, et l’expérience vécue sera unique par rapport aux autres pays du continent, où tout reste encore à découvrir et à explorer.

Quels sont les prochains projets de Parlana en Bolivie et dans le monde ?
La Bolivie est un pays énorme, et il manque encore plein de services touristiques, comme les visites urbaines, la valorisation de la culture locale, le service personnalisé. Parlana est un service alternatif. Nous avons un nouveau projet qui s’ appelle Parlana Experience et qui a déjà gagné deux prix comme meilleur start up en Bolivie. Il s’ agit d’une plate-forme où les résidents proposent de partager leur savoir-faire avec des voyageurs. Ces résidents s’appellent les « gurus ». Il y a le guru culturel, festif, sportif, explorateur, féru de gastronomie, artisan, spirituel etc. Ces personnes ont leurs passions, leurs expériences, et leur vision de la Bolivie, qu’ils veulent partager avec des voyageurs. Par exemple je suis un « guru culturel », et je fais des retraites de cinq jours dans la vallée. Certaines agences proposent à le même type de services, mais elles n’ont pas un guru qui te propose un service personnalisé, un tour sur mesure, où il partage sa vie avec toi, et à un prix moindre, fixé par le guru… Ce n’est pas réservé qu’aux jeunes guides. Par exemple un des nos bénévoles a fait découvrir le lieu de vie d’une femme paysanne avec qui tu vas récolter des légumes et cuisiner un plat, puis tu vas te baigner sur la rivière qui passe à côté de sa maison. Cette femme est devenue un « guru » depuis. Et ça n’existe ni dans une agence touristique, ni dans Trip Advisor, Lonely Planet, ou autre site.

Omar W.

Crédits photo: Adrian Cardozo